VALPARAISO
- SAN PEDRO D'ATACAMA du 8 au 28 mars
retour à l'accueil
Jeudi 9 mars : POLVAREDAS : 230 km – 15 310 km
Le réveil sonne à 5 h. et nous quittons notre bivouac à 6 h. Le garage
qui devait ouvrir à 7 h. ouvrira à 8 h. bien sonnées, mais on préfère
arriver en avance. Fernando examine l'amortisseur avec son mécano. Il
part ensuite essayer de trouver la pièce … et revient bredouille. Avec
Josefina qui traduit, il nous explique que les stocks de pièces coûtent
trop cher au Chili et qu'elles sont importées au fur et à mesure des
besoins. Il nous rassure aussi en confirmant les propos de JSA, nous
pouvons rouler sans risques avec un amortisseur endommagé, mais il
faudra être très prudents. Si nous devions être encore coincés à
Santiago, Josefina met sa maison, sa voiture et sa famille à notre
disposition. Des amis n'auraient pas fait mieux. Une belle
rencontre. Au printemps dernier on est rentré des pays en stan avec les
2 amortisseurs avant mal en point, et on a roulé pendant 8 000 km,
alors …
Nous prenons la route de Mendoza le cœur léger. Après Los Andes, la
route monte jusqu'à la frontière argentine et nous arrivons au col
après une trentaine de virages en épingle à cheveux. Les couleurs des
montagnes sont très variées, de l'ocre au beige en passant par des tons
de vert et de gris. Nous sommes ravis de ce changement de paysage
et attendons la suite du programme avec impatience.
Passage du Chili en Argentine en 1 heure et nous nous retrouvons au
pied de l'Aconcagua que nous ne verrons pas. Le Puente del Inca est une
arche naturelle recouverte de calcaire. Des thermes en ruines sont
visibles à côté. Le Cementerio de los Andinistas abrite les tombes des
andinistes victimes de l'Aconcagua.
Le bivouac est sur une place d'un tout petit hameau pas très animé.


Vendredi 10 mars : MENDOZA : 232 km – 15 550 km
Ce matin rentrée des classes (10 élèves maxi) et montée des couleurs
avec chant de l'hymne national. La route est toujours magnifique
entourée de montagnes très colorées même si de matin la lumière n'est
pas pour nous, nous sommes à contre-jour. Bernard s'inquiète du permis
d'importation temporaire du véhicule qui ne lui a pas été délivré à la
douane. Nous descendons jusqu'à Uspallata tout en réfléchissant et là
il y a un bureau de douane pour les camions. Nous aurons la chance que
les douaniers nous délivrent ce document après inspection du camion par
un chien renifleur. Ouf ! A Potrerillos nous faisons une halte au bord
d'un beau lac artificiel aux eaux turquoise. Nous prenons notre temps
et profitons de cet environnement magnifique. A l'approche de Mendoza
nous sommes dans la plaine et les vignobles se succèdent. Les vignes
sont en espaliers et les vendanges ont déjà eu lieu, nous sommes
proches de l'automne. Nous descendons au sud de la ville pour arriver
au camping où est stationné notre pote Bruno depuis plusieurs jours.
Plaisir des retrouvailles. Avec Silvia, propriétaire des lieux, nous
allons au resto du bourg voisin. Ici les clients arrivent après 22
heures. La soirée est très chaleureuse, le mélange du français et de
l'espagnol provoque des éclats de rire et la soirée est placée sous le
signe de l'amitié.
Samedi 11 mars : 275 km – 15 825 km
Excellente nuit. Nous quittons Bruno « pour de vrai ». Son avion pour
Paris part le 18 mars et il est temps qu'il rejoigne Colonia où il
laisse son véhicule pour plusieurs mois. Un dernier moment d'échange
avec Silvia et nous prenons la route. Le thermomètre qui affichait 6
degrés à notre lever atteint 33 degrés dans l'après-midi. La région
traversée est monotone : vignobles autour de Mendoza puis une grande
plaine avec une végétation anémique. Très peu de villes ou villages
traversés comme d'habitude. Bivouac à San Juan avant de retrouver les
beaux paysages des sierras.
Dimanche 12 mars : ISCHIGUALASTO – vallée de la Lune : 305 km – 16 130
km
Les beaux paysages seront pour plus tard. La campagne est sans trop
d'intérêt, l'environnement est plat et désertique. Ce sera superbe en
quittant la RN40 pour prendre la route qui va vers le parc. Auparavant
nous cherchons une épicerie, il y en a une seule ouverte et le patron
nous régale de sa verve et de ses propos hauts en couleurs auxquels
nous comprenons qu'il a gagné une coupe hier, qu'il a mal aux cheveux,
que le gouvernement se la coule douce pendant que la population trime
et transpire. Tout ceci avec une gestuelle digne d'un grand comédien.
Nous sommes morts de rire. Et enfin les sierras apparaissent et nous
serons comblés tant par les couleurs que par les formes parfois
surprenantes des reliefs. Très peu de végétation exceptés de grands
cactus en forme de candélabres. Nous grimpons à plus de 1 500 m. et
respirons avec plaisir un air plus frais. Le bivouac est à l'entrée du
parc en attendant de le visiter demain.

Lundi 13 mars : ISCHIGUALASTO – vallée de la Lune
Matinée tranquille. Un peu de ménage, un peu de rangement, un peu de
balade dans le parc, un peu de rien … Un tour guidé est proposé et
chacun roule avec son propre véhicule. Nous sommes seulement 2 ccars et
une voiture, l'idéal. Le circuit est bien conçu et plusieurs arrêts
sont prévus. Le garde du parc nous explique la géologie du lieu et
pourquoi nombre de fossiles d'il y a 200 à 250 millions d'années ont
été retrouvés ici. C'est unique au monde. Les paysages sont fabuleux.
Nous passons d'un paysage lunaire à un « terrain de pétanque » puis à
des rochers érodés par le vent du nom de « sousmarin » et de «
champignon ». Le retour se fait en longeant une falaise rouge colorée
par des oxydes de fer. Les photos parleront mieux que moi. Le soir nous
retrouvons Gégé, Géraldine, Françoise et J.Paul. Encore une belle
soirée chaleureuse et amicale.



Mardi 14 mars : FAMATINA : 301 km – 16 471 km
Plusieurs équipages français sont là et nous avons beaucoup d'infos à
nous transmettre et aussi l'envie de partager de bons moments ensemble.
C'est le bon côté du long voyage, on se croise, on a des connaissances
communes, on crée des liens, on fait partie de la grande famille des
voyageurs. On quitte le bivouac vers midi, direction Villa Union et
Cuesta de Miranda. La route monte à plus de 2 000 m, et ce sont encore
des paysages époustouflants. Il faut garder des superlatifs dans sa
besace parce qu'ici la nature a créé des merveilles. Par contre
l’approvisionnement est difficile, nous avons du mal à trouver un
magasin d'alimentation ou un « frutas et verduras » (mais comme les
contrôles sanitaires se suivent on ne peut pas acheter trop … je
voulais dire : en planquer trop). Trouver un bivouac sera plus long ce
soir, les places pour bivouacs sauvages sont rares, les campings
commencent à fermer, les vacances sont finies.

Mercredi 15 mars : HUALFIN : 290 km – 16 761 km
La route pour rejoindre la RN 40 est très agréable sans point d'intérêt
particulier. Le thermomètre grimpe vite jusqu'à plus de 30 degrés et la
pause de midi se prolonge, bien à l'ombre. Nous bifurquons sur Hualfin
pour trouver un bivouac. C'est un petit bourg bien calme et le
parking déserté de l'hosteria fera l'affaire.
Jeudi 16 mars : AMAICHA DEL VALLE : 146 km – 16 907 km
Le patron de l'hosteria vient timidement nous saluer ce matin.
Nous avons vu des enfants chez lui hier et il repart avec des petits
cadeaux pour sa famille. Visite de la bodega avant de partir. Goûter le
vin à 9 h. du matin n'est pas dans nos habitudes mais on ne peut pas
refuser ! Les vins blanc ou rouge sont atypiques (ce que l'on dit quand
on n'est pas convaincu !) mais il ne doit pas y avoir souvent des
visiteurs étrangers ici alors on veut montrer notre respect pour leur
travail. Le vin blanc se révèlera excellent. Avant de quitter Hualfin
nous nous faisons ouvrir la chapelle Notre Dame du Rosaire, Monument
Historique National. Le chœur est orné d'une fresque aux vives couleurs
naturelles. La chaire, la porte et divers ornements sont en bois
sculpté essentiellement de rosaces. Du haut du belvédère nous avons une
vue sur le village, ses vignes et les environs. Nous continuons jusqu'à
Amaicha. Il y a eu de violents orages et la route est traversée par des
flots d'eau boueuse. La pluie nous rattrape à Amaicha et nous remettons
nos visites à demain. Le camping est très agréable mais n'est pas prévu
pour les ccars et il faut se faire tout petit pour trouver un
emplacement. Les GaeTheo et leurs amis, arrivés plus tard, seront
contraints à continuer la route faute de place.
Vendredi 17 mars : CAFAYATE : 83 km – 16 990 km
Le soleil est revenu.
Visite du musée Pachamama. Nous parcourons cet espace avec délices. Les
murs et les sols sont décorés de mosaïque. Des sculptures monumentales
évoquent la terre mère et le soleil. Les jardins de cactus ponctuent
l'ensemble. Une grande salle fermée expose des peintures très vives et
la curiosité nous fait prendre un escalier qui nous amène dans la pièce
au-dessus. C'est un immense atelier de peinture et de sculpture. Deux
artistes sont à l’œuvre et nous disent que les visiteurs ne sont pas
admis ici. Nous demandons si nous pouvons accéder à la galerie
inférieure et l'un d'eux nous accompagne par un escalier en colimaçon
plein de toiles d'araignées qu'il chasse avec ses mains. Les peintures
sont superbes, nous le remercions chaleureusement et nous poursuivons
notre visite. Toute cette harmonie est l’œuvre d'un seul homme, Hector
Cruz. En parcourant le guide nous tombons sur sa photo. Surprise !
C'est l'homme qui nous a accompagné tout à l'heure. Nous retournons le
voir, nous excusons de le déranger et demandons si nous pouvons le
photographier. Il accepte chaleureusement et demande à son élève de
nous prendre en photo. Nous sommes subjugués par autant de modestie et
de cordialité de la part de ce grand homme. Que du bonheur !
L'arrêt suivant sera pour Quilmes du nom de la tribu qui occupa ce site
entre le 9ème et le onzième siècle. Ils furent chassés par les
espagnols après une résistance de 130 ans et exilés à Buenos Aires. Les
constructions s'étageaient sur la colline et on comptait environ 8 000
habitants. Une première restauration a permis de remonter les
fondations d'une partie des maisons et, du haut de la colline, on a une
belle vue d'ensemble. Après la région où le cactus est roi nous
arrivons dans la région des vignobles. Cafayate est une grande région
viticole et les vignes s’étendent à perte de vue. Nous y arrivons en
fin d'après-midi. Petite balade dans cette ville que nous visiterons
demain. Nous retrouvons les GeoTheo et leurs amis. Le camping est
quasiment désert, quelques tentes seulement.




Samedi 18 mars : CAFAYATE
Après quelques échanges avec nos voisins nous
partons visiter Cafayate. La seule bodega en ville ouvre juste ses
portes et la visite est rapide. Le musée du vin est un bâtiment moderne
bien agencé. Il nous confirme que les vignobles de la région sont les
plus hauts du monde. Visite intéressante … Nous parcourons la ville et
je suis étonnée de voir autant de boutiques de souvenirs. C'est la
première fois depuis bien longtemps qu'il y en a autant. Les articles
proposés sont d'assez bonne facture mais tout le monde vend à peu près
la même chose. Nous choisissons un resto qui propose le cabri « asado »
c'est-à-dire grillé. Très bon. Une glace aidera notre digestion. La
chaleur devient écrasante alors nous regagnons notre ccar. Nous aurons
peut-être une bonne connexion wifi ? Depuis notre entrée en Argentine
c'est la cata, pas de possibilité de mettre le blog à jour ou de
télécharger des fichiers un peu volumineux.

Dimanche 19 mars : CORONEL MOLDES – le lac : 150 km – 17 140 km
C'est
la journée de la traversée de la Quebrada de las Conchas. On quitte la
RN 40 pour la ruta 68.
Le paysage a été modelé par l'eau et les vents et les formes des
rochers sont spectaculaires. Les couleurs, qui vont du rouge au rose en
passant par l'ocre, le gris, le blanc, ajoutent à la beauté de cette
vallée. Nous prenons notre temps et allons d'un site spectaculaire à
l'autre à la vitesse de l'escargot. C'est magnifique ! La quebrada de
la Alamania qui suit est beaucoup moins impressionnante. Notre bivouac
est au bord du lac au sud de Salta, bel endroit avec un beau coucher de
soleil.




vidéo chanteur quebrada
Lundi 20 mars : SALTA : 187 km – 17 327 km
La nuit a été très calme,
seul un lama nous a tenu compagnie au bord du lac. Hier le pont qui
enjambe le lac était très fréquenté parce qu'il y avait du saut à
l'élastique. Ce matin nous découvrons un pêcheur avec sa voiture et sa
tente plantée sur le pont. C'est incroyable. On s'arrête pour le
prendre en photo et il nous offre un poisson. Direction Cachi sur la RN
40. Nous voulons passer par la Cuesta del Obispo et nous attarder dans
cette région. La route est très bonne dans les premiers kilomètres et
ensuite de gros travaux d'aménagement la rendent délicate du fait de
son étroitesse. Après le passage d'un pont peu rassurant quant à sa
solidité la route est à nouveau bonne. Nos prenons de l'altitude et les
virages sont serrés. Le ripio est au rendez-vous et il est acceptable.
Malheureusement cela ne dure pas et arrivés vers 2 600 m. d'altitude il
devient très dégradé, le temps est à la pluie et nous décidons de faire
demi-tour. Dommage. Salta sera notre destination pour ce soir. Un
premier tour en ville nous montre une ville triste, plutôt sale,
dégradée, mais si le soleil était de la partie l'image serait sans
doute meilleure. Camping ce soir, en ville nous n'avons pas le choix.
Rencontre avec 2 équipages français, des marseillais et des cantalous.
Ces derniers ont eu des ennuis mécaniques à répétition alors ils ont
décidé de rentrer rapidement. Ce n'est pas leur premier voyage en Amsud
mais ils sont découragés. Le récit de nos aventures qui commencent à
être connues dans le petit monde des ccaristes les consolent un peu. Et
la rencontre se continue avec un bon apéro !

Mardi 21 mars : SALTA
Le temps est pluvieux au lever et nous traînons
la matinée sur place entre un peu de discussion avec nos voisins qui
vont poursuivre leur route, un peu d'internet puisque la connexion est
bonne, un peu de rangement, beaucoup de téléphone avec la famille et
les amis. Le bus nous conduira en ville en début d'après-midi, très
pratique et pas cher (Marie-Thé nous a donné sa carte). Les points
intéressants sont autour de la place du 9 juillet. Les musées sont
abrités par des maisons coloniales toujours intéressantes à visiter. La
cathédrale de style baroque est très richement décorée. Les plafonds
sont peints et les dorures omniprésentes. L'église Saint François près
de la place a des couleurs éclatantes ! Les rues piétonnières entourent
la place. Après une pause glace dulce de leche, cereza et mentha, nous
regagnons le bus et notre casa rodante. Le temps est toujours couvert.


Mercredi 22 mars : TILCARA : 186 km – 17 513 km
Derniers coups de fil
ce matin puis nous prenons la direction du nord. En traversant Salta
nous sommes étonnés des files d'attente devant les banques et divers
services. Celle de la poste s'étend sur 2 «quadras» ! L'Argentine
connaît un fort taux d'inflation et la vie ici est aussi chère qu'en
France. Pour exemple, le litre de gasoil coûte 1,30€ (contre 0,70 € au
Chili). La route devient vite très étroite et les virages s'enchaînent.
Il faut rouler prudemment surtout quand nous croisons d'autres
véhicules. La forêt est très dense et humide de type tropical. Les
troncs d'arbre sont couverts de mini fougères et de toutes sortes de
végétation. Après la ville de San Salvador de Jujuy, sans intérêt, nous
suivons le vaste lit de la rivière. La végétation disparaît peu à peu
et c'est à nouveau un paysage très minéral et coloré. Visite du musée
postal de Hornillos. C'est une bâtisse imposante qui servait aussi de
caserne au rôle important pendant la guerre d'indépendance. Nombreuses
pièces meublées et plusieurs cours intérieures. C'est sous le soleil
que nous arrivons à Tilcara notre étape du jour à 2 465 m. d'altitude.

Jeudi 23 mars : ABRA PAMPA : 139 km – 17 652 km
Visite du musée
archéologique ce matin suivie de la visite du site de Pucara. Le musée
possède de belles collections de bijoux, vases mortuaires, instruments
pour inhaler des plantes hallucinogènes, masques effrayants, … La
Pucara est la restauration d'une forteresse de l'époque précolombienne.
L'ensemble est en pierre et les toits sont recouverts de torchis. Belle
balade commencée sous les nuages et terminée sous un beau soleil. Nous
quittons Tilcara dans l'après-midi pour Humahuaca. Le but est de monter
à El Hornocal, à 4 350 m. d'altitude pour voir la colline des 14
couleurs. Nous irons en taxi pour cause de mauvais ripio. Le chauffeur
de taxi, très honnête, nous conseille de partir entre 11 h. et 15 h. et
pour aujourd'hui c'est trop tard. Nous continuons la route au nord vers
la Bolivie. Nous coupons le Tropique du Capricorne signalé par un
simple panneau. La route traverse le plateau andin et s'élève jusqu'à 3
600 m. Bivouac sur la place du village devant l'école et le
commissariat. Nous serons bien gardés.




Vendredi 24 mars : HUMAHUACA : 240 km – 17 892 km
Un très gros orage
nous est tombé dessus hier soir et du coup le village était dans le
noir. Ce matin il fait 4 degrés mais le soleil est revenu et la journée
s'annonce belle. Nous prenons une piste de ripio (après avoir juré
mille fois de ne plus rouler dessus). Le désagrément est compensé par
des paysages grandioses : canyons colorés, large plateau encadré de
montagnes, troupeaux de lamas, de vigognes et de guanacos. Après nous
être signalés à la station de rangers nous gagnons la lagune de Los
Potuelos à 7 km de la route. Nous sommes accueillis par un troupeau de
guanacos pas sauvages du tout. La lagune est peuplée de flamands roses
et rouges par dizaines. Des centaines de canard leur tiennent
compagnie. Ce sont eux qui donnent l'alerte en s'envolant et les
flamands s'éloignent de la rive. Des suris (autruches miniatures)
picorent tranquillement sur les berges. Un troupeau impressionnant de
vigognes s'avance vers nous. Je ne suis pas très rassurée mais ils nous
ignorent et passent leur chemin. Nous ne regrettons pas d'avoir mis 2
h.30 pour parcourir 45 km ! Ici la nature est sauvage et nous pouvons
l'approcher. Retour à Humahuaca que nous visiterons demain. Nous sommes
descendus de 3 600 m. à 2 900 m. après un passage à 4 000 m. (en
passant un talus on a perdu un morceau du pare-chocs arrière qui
tiendra avec force vis ! mais où est le problème ? …).


Samedi 25 mars : HUMAHUACA
Excellente journée qui aurait pu mal finir … Ce matin nous
restons en ville. Enfin un beau marché aux fruits et légumes. On se
régale. A midi il faut être sur la place centrale. Sous l'horloge de la
tour des portes s'ouvrent, un automate représentant Saint François en
sort et bénit la foule. L'église de la Candelaria s'ouvre à la
même heure pour la visite. Les portes et les soubassements des murs
intérieurs sont plaqués de bois de cactus.
On a décidé de monter au mirador El Hernocal en ccar, on nous a annoncé
un bon ripio. Nous partons confiants … et au bout d'une dizaine de km
je trouve que « ça sent le chaud ». Pas du tout inquiets on
s'arrête pour faire refroidir le moteur … Je sors pour aider à la
manœuvre et je découvre que la calandre coule l'eau. Évidemment le vase
d'expansion est vide. On n'a rien appris de nos nombreux déboires
et ce n'est plus de l'inconscience, c'est de la connerie ! Pas de
panique. Bernard ouvre le capot, cherche d'où peut venir la méga fuite
et trouve un tuyau débranché vers le radiateur. OUF ! Il le rebranche
et il n'y a plus qu'à refaire le plein de liquide de para flue. On
redescend sur Humahuaca en vérifiant le niveau tous les 2 km.
Il reste
stable. PLUS DE RIPIO !!!
On revient au camping et on part en taxi avec un jeune couple
d'argentins. On bénéficiera du prix local soit la moitié du prix
demandé quand nous étions seuls. Après 25 km environ d'une piste en
lacets qui monte à près de 4 500 m. nous arrivons au mirador. C'est un
enchantement même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Les
oxydes offrent une gamme de couleurs allant du rouge au gris-vert. On
ne se lasse pas du spectacle. L'orage qui se rapproche nous fait
quitter ce lieu magique.
La balade en ville sera de courte durée, à 17 h. les boutiques ferment
leurs portes.
Dimanche 26 mars : SAN SALVADOR DE JUJUY : 170 km – 18 087 km
Dernier
tour au marché. La route qui redescend vers Purmamarca est bordée de
montagnes de toutes les couleurs. C'est une fois de plus incroyable.
Des arrêts photos sont demandés en permanence au chauffeur. Cette
quebrada bien éclairée par le soleil est un vrai bonheur. Arrêt à Uquia
pour visiter l'église coloniale du XII° s., plafond et confessionnal en
bois de cactus, beaux tableaux de style baroque et nombreux marchands
du temple devant le parvis. Arrêt à Purmamarca petite ville très
touristique. Un mirador permet de voir les collines environnantes
toujours très colorées. Petit resto sympa à midi. Deux jeunes français,
Eva et Nicolas, partagent notre table et nous ne voyons pas le temps
passer. Echanges sur nos circuits, ce qui nous a plu, ce qui ne nous a
pas plu … Ils vont à San Pedro d’Atacama et nous espérons nous y
retrouver. Ce ne sera pas pour tout de suite. Quelques km de montée et
le tuyau se débranche et le paraflue se vide. Bon on a vu pire ! On
décide de retourner à Salta, le col de Jama à 4 800 m. va être dur à
passer si la pression du moteur en montée fait « péter » le tuyau.
Finalement on s'arrête avant Salta à San Salvador de Jujuy où il y a un
Fiat … qu'on ne connaissait pas ! A suivre demain.
Lundi 27 mars : SUSQUES : 212 km – 18 299 km
Arrivée matinale chez Fiat et prise en charge immédiate. C'est un
garage immense, alors filtrage à l'entrée, réceptionniste, chef mécano
et chef du chef. Ils ne comprennent pas ce qu'il se passe. Ça commence
mal mais après de nombreuses questions le ccar est rentré dans
l'atelier. Au bout d'une heure la panne est trouvée. Un coude d'entrée
dans le radiateur est en partie cassé. Ouf ! Il y a bien un problème
concret. Si la pièce est à Jujuy dépannage immédiat, sinon elle viendra
de Salta et ce sera pour demain. On croise les doigts (à force on a des
doigts d'arthritiques) et à midi on sort du garage, ccar dépanné et
compte bancaire un peu plus raplapla ! On reprend la route du col. On
traverse les Salinas Grandes, une étendue de sel à perte de vue. Les
tables, les bancs et même les quelques maisons du lieu sont construites
en briques de sel. On roule bien avec de nombreux arrêts pour contrôler
le niveau, vous savez de quoi ! Et, à 17h. nous nous arrêtons à 3
500 m. d'altitude après avoir roulé 212 km sans problème. On va mieux
dormir la nuit prochaine.