Lundi 8 mai : MONTEVIDEO
Les ccars sont à bord mais nous sommes toujours à l'ancre. Il paraît
que les ouvriers uruguayens ont refusé de travailler à partir de 1 h.
du matin parce qu'il tombait des cordes !
Petit déjeuner très copieux ce matin – la traversée va être
gastronomique, ouille, ouille, ouille ! Une séance au gymnase s'impose
sinon il faudra renouveler la garde-robe à notre arrivée. Le temps se
dégrade dans l'après-midi et nous restons dedans sauf pour voir notre
cargo quitter le port vers 14 h. Nous ne ratons rien de la manœuvre.
Cette fois-ci nous sommes sur la route du retour !
Mardi 9 mai : GRANDE NIGERIA
Il faut s'habituer au balancement du navire … et on s'habitue vite.
Nous prenons nos marques aujourd'hui et ce n'est pas très compliqué.
Cuisine italienne très bonne, notre cabine est faite tous les jours,
nous avons des transats à notre disposition … L'ordi nous occupe
beaucoup, des centaines de photos à trier et un diaporama à préparer.
Mercredi 10 mai : GRANDE NIGERIA – PARANAGUA Nous arrivons au port de
Paranagua au Brésil à la tombée de la nuit.
Jeudi 11 mai : GRANDE NIGERIA – PARANAGUA
Le cargo est déchargé puis chargé à nouveau. Petit tour en ville pour
nos visas. Les autorités veulent voir si les passeports correspondent
aux passagers. On quitte le port en début d'après-midi. Un pilote monte
à bord pour diriger les manœuvres tout comme à l'entrée dans le port.
Une vedette, la pilotine, s'approche au plus près du cargo. Le pilote
descend à l'aide d'une échelle le long du flanc du cargo et la vedette
vient le cueillir. Le temps est pluvieux, dommage ! Nous arrivons à
Santos à la nuit tombée.
Vendredi 12 mai : GRANDE NIGERIA – SANTOS
Le ballet des containers recommence. Aujourd'hui des dizaines de
voitures sortent du cargo. On charge également des engins de chantier.
Beau soleil ! On largue les amarres dans la soirée et le spectacle de
la sortie du chenal nous distrait un moment.
Samedi 13 mai : GRANDE NIGERIA – RIO DE JANEIRO
On arrive en vue de la baie de Rio en fin de matinée. On aperçoit le
Corcovado et la Pain de Sucre dans la brume. Nous sommes à l'ancre
parce qu'il n'y a pas de place disponible pour notre navire dans le
port. Il faudra patienter 24 h.
Dimanche 14 mai : GRANDE NIGERIA – RIO DE JANEIRO A midi nous sommes à
quai : Multi Rio 24 Et cet après-midi nous pouvons descendre à terre.
Alors pour nous ce sera le Corcovado puisque c'est notre première
visite à Rio. Le taxi nous fait traverser une bonne partie de la ville
qui est très calme ce dimanche. Nous prenons le train à crémaillère qui
nous monte jusqu'au Corcovado à 670 m. au-dessus de la baie. La statue
du Christ est impressionnante et la vue sur Rio à 360 degrés est
superbe malgré le temps pas très ensoleillé.
Dimanche 14 mai : GRANDE NIGERIA – RIO DE JANEIRO
A midi nous sommes à quai : Multi Rio 24 Et cet après-midi nous pouvons
descendre à terre. Alors pour nous ce sera le Corcovado puisque c'est
notre première visite à Rio. Le taxi nous fait traverser une bonne
partie de la ville qui est très calme ce dimanche. Nous prenons le
train à crémaillère qui nous monte jusqu'au Corcovado à 670 m.
au-dessus de la baie. La statue du Christ est impressionnante et la vue
sur Rio à 360 degrés est superbe malgré le temps pas très ensoleillé.
Lundi 15 mai : GRANDE NIGERIA – VITORIA
Nous avons quitté Rio de nuit et cette fois encore n'avons rien manqué
de la sortie du port. En fin d'après-midi nous arrivons à Vitoria notre
dernière escale au Brésl. Le port est enfoncé dans les terres, un peu
comme dans un fjord. Le passage est étroit et le demi-tour pour se
mettre à quai s'exécute dans un mouchoir de poche. Les remorqueurs
donnent toute leur puissance pour pousser le cargo. La sortie du port
se fait au milieu de la nuit.
Mardi 16 mai : GRANDE NIGERIA
Au réveil nous sommes déjà loin des côtes et arriverons à Dakar le 22
mai, jour anniversaire de Matis ! Et de Yann !
Mercredi 17 mai : GRANDE NIGERIA
Nous avançons nos montres d'une heure. Nous avons maintenant 4 h. de
décalage avec la France. Le chef mécanicien nous fait visiter les
salles des machines. Nous descendons dans les entrailles du cargo avec
casque, gants et bouchons d'oreille. Tout est surdimensionné, bruyant
et la chaleur est étouffante. Peu de personnel à la manœuvre mais la
surveillance est permanente et l'ordre et la propreté règnent.
Jeudi 18 mai : GRANDE NIGERIA
Une autre journée de traversée de l'océan. Nous nous éloignons des
côtes brésiliennes. Il fait chaud aujourd'hui. Le capitaine nous
explique qu'il est difficile d'avoir de l'eau froide aux robinets parce
que l'eau est pompée dans la mer à 32 ou 33 degrés, qu'il faut la
traiter et qu'il est impossible de la refroidir vraiment. C'est un des
problèmes du bord. On n'imaginait pas que l'eau qui nous entoure était
aussi chaude ! Cet après-midi nous avons droit à un exercice incendie.
A la sonnerie d'alarme nous enfilons le gilet de sauvetage, mettons le
casque et attendons Giovanni. On monte avec lui sur le pont où est déjà
rassemblé l'équipage. Après l'appel des noms et le rappel des consignes
nous montons dans le canot de sauvetage qui ressemble à un mini
sous-marin où nous sommes bien à l'étroit. Notre journée a été fort
occupée !
Vendredi 19 mai : GRANDE NIGERIA
Petite séance au gymnase ce matin. Le tri des photos, la préparation du
diaporama, le dossier Fiat, quelques films sur l'ordi, … nous occupent
... Samedi 20 mai : GRANDE NIGERIA Toujours beaucoup de vent et de
chaleur sur le pont. La corne de brume nous prévient du passage de
l'Equateur, sans plus de cérémonie. Nous voilà maintenant dans
l'hémisphère nord !
Dimanche 21 mai : GRANDE NIGERIA Repos dominical …
Lundi 22 mai, mardi 23, mercredi 24 : GRANDE NIGERIA Le temps s'allonge
...
Jeudi 25 mai : GRANDE NIGERIA – DAKAR
Journée libre à Dakar. Nous prenons le ferry pour l'île de Gorée et
nous plongeons dans la turbulence africaine ! Cette île occupée tour à
tour par les portugais, les hollandais, les anglais et les français
était un lieu de tri et de départ des esclaves vers l'Amérique. Ils
restaient là pendant 3 mois et demi dans des conditions de détention
épouvantables, entassés dans des caves sous le logement de leurs
maîtres pour qui ils n'étaient que de la marchandise.
L'île est inscrite au patrimoine de l'UNESCO et elle garde ses maisons
aux belles couleurs pastel. Le tour de Dakar est vite fait, nous sommes
un jour férié et tout est fermé.
Vendredi 26 mai, samedi 27 : G.N.
Quelques séances de bronzette sur le pont … beaucoup de lecture …
quelques films et le temps passe ... Nos compagnons maîtrisent
parfaitement la langue anglaise ce qui est loin d'être notre cas et
limite nos échanges.
Dimanche 28 : G.N.
La proximité des côtes des Canaries rompt la monotonie de nos journées.
Elle nous permet aussi de capter un réseau et les téléphones s'activent
pour des appels et des connexions internet. La mer se creuse et nous
sommes ballotés.
Lundi 29 mai, mardi 30, mercredi 31, jeudi 1er juin : G.N.
Le temps s'allonge … Nous apercevons quelques baleines et de nombreux
dauphins après les poissons volants qui nous ont beaucoup surpris et
ravis les premiers jours de notre traversée. J'ai même vu une tortue
qui nageait tranquillement près de la surface de l'océan.
Vendredi 2 juin : G.N. - HAMBOURG :
Gisela et Olaf sont arrivés à destination et nous quittent. Ils sont
déjà oubliés ... Monique et Erick choisissent eux aussi de
descendre ici malgré leurs soucis mécaniques et leur plaisir de voyager
sur le cargo … Nous allons continuer seuls ce voyage que nous avons
trouvé très long et monotone ... Nous irons jusqu'au bout, Anvers. La
visite de Hambourg est très agréable. C'est une cité chargée d'histoire
et la vieille ville est superbe. Le temps est beau et chaud et
l'animation qui règne dans les rues piétonnières nous change du calme à
bord. Pendant ce temps le cargo est chargé et le pont supérieur se
remplit de voitures.
Samedi 3, dimanche 4, lundi 5, mardi 6 juin : G.N.
De Hambourg à Tilbury le port de Londres. Le Royaume-Uni vient de subir
une autre attaque terroriste après celle de Manchester il y a quelques
jours. Nous suivons les infos à la télé depuis une semaine environ. Le
pont supérieur est rempli de voitures d’occasion en piteux état à
destination de Dakar et Banjul (l'Afrique, poubelle de l'Europe) et
nous y accédons difficilement. Les voitures neuves sont à l'abri aux
ponts 10 et 11. Arrêt de 48 h. au port de Londres, temps froid et
pluvieux, que du bonheur !
Jeudi 7 juin : Anvers
Enfin la traversée touche à sa fin. Nous devons dès notre arrivée
dans l’espace Schengen être contrôlées par la police belge et un taxi
nous conduit au poste de police. Après nos au-revoir au cuisinier et à
Giovanni, nous sortons du cargo et rapidement du port sans aucun
contrôle policier u douanier. A nous la route et les grands espaces
après ce long confinement. Que du bonheur. Nous bivouaquons dans le
nord de la France.
Vendredi 8 juin :
Arrivée chez nous en Auvergne après 7 mois d’absence et un voyage
parfois chaotique.
Positif :
- ce voyage nous a permis de découvrir de somptueux paysages et des
endroits mythiques : Ushuaïa, le glacier Perito Moreno, le Fitz Roy,
l'île de Chiloe, la Pachamama et Hector Cruz, Valparaiso, les
cataractes d'Iguaçu, Buenos-Aires pour n'en citer que quelques-uns.
- nous avons rencontré une population accueillante et très serviable
(rencontres souvent liées à nos soucis mécaniques, mais pas seulement).
Le lien d'amitié avec José notre gaucho de Patagonie est solide.
- nous avons croisé de nombreux voyageurs avec qui nous avons passé des
moments très conviviaux. L'Amérique du sud est parcourue par beaucoup
de camping-caristes ce qui n'est pas le cas des pays d'Asie centrale
par exemple.
Moins bien :
- nos pannes …
- le coût de la vie largement équivalent à celui de la France et dont
la forte augmentation a surpris les habitués de cette région du
monde.
- le manque de dépaysement auquel nous étions habitués et qui est pour
nous une raison essentielle de voyager.
- le trop long retour en cargo qui a mis notre moral à rude épreuve.
Bilan en chiffres :
- avion Paris-Montevideo : 1 900 €
- frais annexes au voyage aller : 373 € (train, taxi) - cargo RORO : 4
236 € tout compris (douane, ...)
- séjour à Montevideo : 1 100 € (hébergement en auberge de jeunesse +
repas pendant 15 jours) - retour par cargo : 9 430 € (3 100 € /
passager + 3 230 € pour le ccar).
- par semaine : 500 € tout compris (dépenses courantes, entrées sur
sites, ferries, ...) mais très peu
d'extra.
- et le meilleur (?) pour la fin : 3 650 € de dépannages (2 705 € de
garages + 945 € de remorquage).
L'addition est vertigineuse !!! Et elle va encore s'allonger avec les
frais de garage en rentrant. Notre budget voyage va se
trouver très restreint pendant un moment pour un bilan en demiteintes
et une aventure qui ne nous a pas comblés.