TADJIKISTAN
du 7 au 15 mai
Samedi 7 mai : DOUCHAMBE – TADJIKISTAN : 101 km – 8761 km
Nous quittons
nos restaurateurs ce matin, direction le Tadjikistan à 30 km environ.
Le passage de la frontière est un peu long à cause de la pause repas
des tadjiks et nous mettons en tout 4 h. pour changer de pays. On me
demande 2 fois les enregistrements à l’OVIR et je réponds qu’ils sont
dans le Ccar. Les ouzbeks sont moins tatillons pour la fouille mais
c’est quand même long ! Un homme pousse une mémé dans une brouette et
lui fait passer tous les contrôles. C’est la saison des fraises de ce
côté de la frontière et nous en achetons un seau pour 1,60 €, elles
sont délicieuses. Beaucoup de cultures au Tadjikistan et une route
digne des routes européennes. Quel plaisir. Nous demandons une place de
parking à l’hôtel Hyatt à Douchambe et nous aurons également une
excellente connexion internet, bien installés dans le salon de ce
palace. Un petit tour en ville pour nous rendre compte qu’elle s’étend
sur des kilomètres et que nous devrons nous organiser pour demain. Le
hasard nous conduit dans un parc où une manifestation regroupe des
dizaines de militaires, chants patriotiques et chorale d’enfants
semblent être un bon exercice de propagande. Retour au Hyatt où la
connexion internet est excellente et je peux enfin mettre mon blog à
jour.



Dimanche 8 mai : DOUCHAMBE
Visite de la ville avec le camping-car, mais
les musées pourtant ouverts officiellement ce jour sont fermés ! Nous
stoppons en voyant des mariés. Il en arrivera 6 couples vers cet
établissement en une quinzaine de minutes. Puis nous mangeons dans un
bon resto local où nous goûtons le « kurtob » la spécialité nationale
composée de plusieurs couches de « fatir » (pain traditionnel),
d’oignons, de tomates, de persil et de coriandre nappées d’une sauce au
yaourt.
Retour au parking de l’hôtel. Nous finirons l’après-midi dans ses
jardins.




Lundi 9 mai : HULBUK : 159 km – 8943 km
Nous quittons Douchanbé
ce matin. La ville est aussi calme qu’hier, dimanche. Les policiers
sont très nombreux. Quelques-uns nous arrêteront sur la route mais la
difficulté de communication a l’air de les rebuter. Arrêt de midi
dans une gargote. Un des tadjiks attablé à l’extérieur m’offre des
roses et nous offrira le repas ! Il nous double peu après notre départ
et nous arrête pour nous inviter chez lui. Par signes il nous fait
comprendre qu’on peut dormir et qu’il égorgera … une poule ou un mouton
? Il est infiniment sympathique mais nous préférons avancer.
Arrêt assez tôt pour un bivouac près de la citadelle et du palais
d’Hulbuk qui ont été entièrement reconstruits. Les femmes vont
chercher l’eau avec des bidons trimbalés sur des remorques, l’occasion
de belles photos. Les vaches rentrent à l’étable et les garçons jouent
au foot. Belle ambiance champêtre !
Mardi 10 mai : KALAJCHUM : 208 km – 9150 km
On découvre une
pratique très originale à la pompe à essence : quand un client veut
moins de 5 l. le pompiste plonge un broc de 1 l dans un bidon et
remplit un seau autant de fois que nécessaire et vide le seau dans le
réservoir avec un gros entonnoir. En traversant Kouliab nous
sommes surpris par l’importance de son marché. Il y a le marché fermé
bien sûr mais aussi des dizaines de marchands à l’extérieur … et des
policiers tous les 10 m. La route est bonne jusqu’au col avant le
contrôle des permis GBAO (permis pour entrer dans cette zone du Pamir
tadjik). Le contrôle est rapide et la route devient moyenne. Mais
ensuite la route est en travaux, mais alors de GROS travaux ! C’est
incroyable de voir par où nous devons passer au milieu des engins, dans
la boue parce qu’il vient de tomber un gros orage, sur des petites
pistes en creux et en bosses. Les camions chinois que nous avons
croisés sont passés par là, alors nous passerons nous aussi. Et nous
n’avons pas le choix, on ne peut pas faire demi-tour ! C’est l’enfer
! Un bruit bizarre et nous nous arrêtons, le système de vidange
des eaux grises est par terre ! Il n’a pas résisté ! Nous
longeons ensuite l l’Amou Daria qui devient le Pyang et sur l’autre
rive c’est l’Afghanistan. Ce sera un peu difficile ensuite
mais la route sera très bonne pendant 70 km. Elle sera mauvaise
avant d’arriver au bivouac à Cross Border, endroit où une passerelle,
qui a l’air fermée enjambe le Pyang pour passer en Afghanistan.





Mercredi 11 mai : RUSHAN : 175km – 9326 km
Nous avons eu un gros
orage cette nuit et le lanterneau n’était pas fermé alors au bout d’un
moment la cellule est bien arrosée ! Bernard a les yeux fixés sur
la route toujours difficile et souhaiterait profiter un peu plus du
paysage alors on s’arrête régulièrement. Côté afghan
il y a de nombreux villages noyés dans la verdure, des moutons, des
vaches et des enclos de bergers. Cette rive semble plus habitée que la
rive tadjik. Nous doublons un cycliste. Il est de
Bosnie-Herzégovine et nous bavardons un peu. Tout seul ici, une belle
aventure ! Plus loin un groupe de jeunes gens
arrêtent notre Ccar pour prendre des photos avec nous. Les gros
camions chinois avec parfois une remorque sont très nombreux. Je suis
effarée de les voir sur cette route. On en croise chargés de bulldozers
! De moissonneuses-batteuses ! Incroyable ! Pour aujourd’hui nous
avons parcouru 175 km en 7 h, la moyenne est faible. Arrêt à la
sortie de Rushan devant un garage.
Jeudi 12 mai : KHOROG : 66 km – 9392 km
Ce matin le garagiste
aide Bernard à réparer l’évacuation des eaux grises. Il coupe un
morceau de son tuyau d’arrosage et les voilà tous les deux sous le
camping-car. L’affaire est rondement menée. Bernard lui donne 50
somonos (5.50 €) il refuse et après avoir insisté il en accepte
40. La route est moyenne jusqu’à Khorog. Il a plu toute la nuit
et il y a des trous plein d’eau sur la route. Je parle tout le temps de
l’état des routes parce que c’est un très gros souci dans ce pays.
D’ailleurs dans l’après-midi une jeune étudiante allemande s’arrête
pour discuter un moment avec nous et elle nous apprend que la route que
nous venons de suivre, et sans doute du côté des gros travaux, est
coupée suite à un glissement de terrain causé par les fortes pluies.
Elle nous trouve « lucky » d’être passés avant … et nous aussi. Elle
est étudiante en ethnologie et est ici pour 1 an après avoir effectué
des séjours plus courts. La ville est très animée mais rien de
très touristique. Les femmes qui portaient très souvent des
vêtements islamiques depuis Douchambé, malgré l’interdiction du
gouvernement de porter des signes religieux, sont très occidentalisées
ici. C’est une région d’ismaéliens, branche modérée de l’islam.
On fait le plein de produits frais pour la suite du programme.
Nombreux enregistrements de la police sur la route.

Vendredi 13 mai : JELONDY : 131 km – 9523 km
Route en bon état ce
matin et nous arrivons à l’étape à midi. Le parking où nous
avions passé la nuit commençait à se remplir et nous avons craint
d’être bloqués alors départ de bonne heure. Les labours se font
avec 2 bœufs et un soc en bois. Une femme file la laine tout en gardant
ses brebis. Nous bivouaquons aux sources d’eau chaude (2 somonos
soit 0.22 € l’accès à la piscine). C’est rustique mais propre. Personne
côté femmes mais des hommes nus de l’autre côté. Faute de bain nous
prenons notre repas ici. Le patron nous installe dans une chambre de 4
lits et une petite table. Il y a toujours des salons dans les restos en
plus de la salle commune. Repas léger : une salade
tomates-concombreradis, un bol de bouillon avec 1 patate, 1 carotte, 1
os avec un peu de viande autour et des herbes aromatiques ! 2 poires et
1 pomme. Mais pour moins de 4€ il n'y a rien à dire. Nous allons
faire une balade l’après-midi, il fait très beau et chaud. La
température baisse en fin d’après-midi, nous sommes à 3 556 m. Un
tadjik très élégant prend des photos de notre équipage. Il est éditeur
et très courtois. Il confirme que la route vers Osh est bonne et
qu’elle est très mauvaise vers Douchambé.

Samedi 14 mai : MURGHAB : 198 km – 9721 km
Nuit tranquille et
beau soleil ce main. La route est d’abord assez bonne et se
dégrade avant le col Koi Tezet. C’est une piste et ensuite c’est du
goudron fatigué ! Bref encore une journée difficile. Les
montagnes sont magnifiques couvertes de neige. Nous voyons nos premiers
yaks, des marmottes et quelques chèvres dites de Marco Polo. Les
bergers ont un masque blanc sur le visage. Pourquoi ? Protection du
soleil, du froid, … Très nombreux camions chinois, plusieurs
dizaines lourdement chargés comme toujours. Le soleil fait place
à une averse de neige dans l’après-midi et au bivouac le temps est
mauvais.


Dimanche 15 mai : SARY-TASCH : 236 km – 9957 km
Beau soleil ce
matin. Alors nous allons avancer le plus loin possible pour éviter …
les routes glissantes en plus d’être dégradées. Journée de
galères, petites et moins petites :
· Les œufs durs sont
mollets, à 4000 m l’eau n’a pas bouilli à 100°
· Quand Bernard ouvre
le jerrican de diesel pour remplir le réservoir, celui-ci dépressurise
et le diesel saute sur son pantalon, ses chaussures et ses
chaussettes · À
la douane tadjik les douaniers égarent la carte grise du CCar. On la
cherche dans leur bureau, dans le camion, on la recherche dans leur
bureau, dans le camion, les douaniers fouillent notre camion et je vais
« fouiller » leur bureau. C’est un petit poste de montagne et ils n’ont
qu’un meuble avec 4 tiroirs. RIEN ! C’est un mystère. Alors ils pensent
qu’elle a pu s’envoler et ils cherchent dans les alentours … après une
bonne demi-heure de recherche il y en a un qui la trouve sur le talus
derrière le Ccar ! On se demande encore comment elle a pu arriver là
surtout quand il demande un peu d’argent en récompense. Ils auront des
bonbons. On saute le 2ème point de
contrôle et il faut faire demi-tour. Le policier réprimande Bernard
pour cet oubli et lui réclame une « amende ». Pour en imposer il sort
son insigne comme dans les séries télé et devant le refus de Bernard de
payer il veut nous retenir – « no problem » - alors il le fait mariner
un petit moment puis il se décourage et nous laisse partir. Plus
âme qui vive dans cette région lunaire. Mais au milieu de nulle part de
jeunes enfants sortent d’une maison et viennent vers la route. On
s’arrête et la maman les rejoint. Elle est toute jeune avec ses trois
petits. Quelle vie difficile. Encore des marmottes et une qui
nous coupe la route. Heureusement pour elle, elle va plus vite que
nous. Arrivée à Sary-Tasch, au Kirghizstan, bien contents que
cette aventure se termine aussi bien !





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