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IRAN du 20 avril au
20 mai

Dimanche 19 avril : 228 km – 7 723 km / NEYRIZ
Nuit tranquille, nos voisins sont levés. On se salue comme de vieilles
connaissances pendant qu’ils déjeunent sur leur tapis en déployant un
camping-gaz, des couvertures, des casseroles, …
Un tour dans le quartier des boutiques et une petite connexion internet
chez un architecte, puis une très bonne connexion dans le superbe hôtel
à côté du parc, mais malheureusement sans l’ordi ! dommage on avait
même eu droit à une carte avec un code perso – quand ce n’est pas le
moment …
On reprend la route en direction de Kerman. Le gasoil a été difficile à
trouver, les pompes sont surtout utilisées par les camions et elles
sont en dehors des villes, mais on fait le plein pour moins de 9€ !
On longe un lac d’eau saumâtre – des montagnes de sel le bordent. Puis
des carrières de marbre immenses sont en pleine activité.

Le contraste est frappant entre les cultures de céréales très vertes
dominées par des montagnes arides et pelées. On traverse une zone de
culture d’oliviers (?), puis des kilomètres de figuiers. Au milieu de
ces arbres des petites cabanes doivent abriter les cueilleurs.

Après un col à près de 1000 m la route domine une vallée au relief
lunaire où nous allons descendre. C’est grandiose.
Notre bivouac se fera dans une petite ville où nous sommes sans doute
le premier Ccar à stationner.
Lundi 20 avril : 362 km – 8 085 km / KERMAN
Très bonne nuit dans ce village, pas de bruit, même pas un moteur de
mobylette après 23 h.
Journée étape aujourd’hui pour aller à Kerman. Le paysage est assez
monotone. Nous montons jusqu’à 2650 m. ce qui permet d’avoir des
températures ne dépassant pas 28° dans cette région désertique.
Les routes en travaux et donc interdites à la circulation sont semées
de pierres pour dissuader les contrevenants.
Nous croisons un convoi de transport de turbines – la remorque à 14
trains de 8 pneus soit 112 roues !


Arrivés à Kerman en milieu d’après-midi nous avons le temps de faire
une pause : mise à jour du blog, étude du circuit pour les jours à
venir, petites bricoles par ci, par là …
Le patron de l’hôtel est très accueillant, il nous héberge pour 3€ la
nuit avec une bonne connexion wifi.
Nous profiterons du confort du resto le soir et partagerons la table
avec des français et des suédois.
Mardi 21 avril : KERMAN
Aujourd’hui nous visitons Kerman.
Tous les points intéressants se trouvent dans et autour du bazar :
Nous arrivons par le complexe Gandali Khan reconnaissable aux
dinandiers dont les boutiques longent une cour intérieure.


Le hammam est transformé en musée ethnologique avec des scènes qui
reproduisent les activités d’antan.
Dans le désordre nous avons visité : le complexe Vakil dont le hammam
est maintenant maison de thé et restaurant où nous avons pris notre
repas de midi – le complexe Ebrahim Khan, où seul Bernard a pu rentrer
dans la mosquée parce que je n’avais pas le voile islamique. Mais j’ai
pu entrer dans la mosquée du Vendredi.




Il est un peu difficile de s’y retrouver dans tous ces sites que nous
trouvons mal signalés.
Nous avons bien parcouru le bazar dans tous les sens. Il a des allées
assez larges et un beau plafond.
Mercredi 22 avril : 360 km – 8 445 km / RAYEN
Direction Shahdad et les « kanuts ». Nous faisons un détour de 250 km
aller-retour pour aller voir ces châteaux de sable qui ont été sculptés
par l’érosion. C’est surprenant au milieu du désert, ils sont immenses
et ce serait un bon endroit de bivouac pour le spectacle magique au
coucher du soleil.
De 2800 m. où il faisait 25°, nous sommes descendus à 300 m. et il fait
38° - ouf, que calor !



Près d’un groupe de maison un système pour puiser l’eau paraît très
rustique.
Mais nous allons sur Rayen et resterons au-dessus de 2000 m. donc à une
température agréable.
Depuis la destruction de la forteresse en pisé de Bam par un
tremblement de terre en 2003, c’est celle de Rayen qui est visitée.
Elle a été fondée à l’époque sassanide mais reconstruite sous les
Qajars. Elle semble être en rénovation …


Au rond-point de cette petite ville il y a une statue d’un alpiniste –
c’est vrai qu’il y a encore de la neige sur les montagnes alentours.
L’entrée de la mosquée est très belle et bien conservée, mais c’est
tout ce qu’il en reste. Passée la porte c’est un terrain vague.

Nous trouvons un bon point de bivouac vers la citadelle.
Dans toutes les villes et sur les routes on peut voir un nombre
impressionnant de portraits de jeunes hommes quelquefois accompagnés de
portraits de mollahs – la nation rend hommage à ses combattants de la
guerre Iran-Irak.

Jeudi 23 avril : 407 km – 8 852 km / ZEYN-OD-DIN
Nuit très tranquille et départ pour Mahan.
Nous visitons le mausolée de Shah Nematollah – fondateur de la plus
importante confrérie soufie de l’Iran. Très bel ensemble de jardins,
minarets, belles salles couvertes de coupoles. Dans une petite pièce
richement ornées de peintures le saint restait enfermé 40 jours lors de
sa retraite annuelle.



Ensuite balade dans les jardins du Prince qui sont clos de murs et
divisés par un canal central. Des cascades tombent d’un bassin à
l’autre et des jets d’eau apportent une fraîcheur bienvenue.


Nous roulons dans la chaleur et la poussière et seules des étendues
impressionnantes de champs de pistachiers mettent une touche de verdure
dans ce paysage.
Une longue route dans le désert nous amène jusqu’au caravansérail de
Zin-Od-Din. Nous sommes bien accueillis par le patron des lieux.
Bernard a trouvé des compagnons de causette qui passent un moment dans
le Ccar – le plus jeune parle anglais et sert d’interprète au plus âgé.
Ils ont la tenue afghane et dans cette région c’est une chose assez
courante.

Nous prendrons notre repas du soir au caravansérail où de nombreux
touristes font étape – repas délicieux – la soirée se terminera par la
danse des bâtons – danse du Balouchistan.

Vendredi 24 avril : 83 km – 8 935 km / YAZD
Nous avons peu
de km pour arriver à Yazd. Dernières photos de ce magnifique
caravansérail et dernière visite avant de partir.

Nous allons bivouaquer devant le Silk Road Hotel. Le parking est en
plein soleil et dans l’après-midi le thermomètre montera jusqu’à 37°
dans le camion. On ne bouge pas et on bouquine, d’autant plus que nous
sommes vendredi et qu’ici c’est le week-end, donc peu d’activités.
On ira malgré tout faire un tour en ville avant le repas. On croise des
touristes français qui nous posent beaucoup de questions sur notre
voyage jusqu’en Iran et sur nos conditions de circulation (dangereuses
!) et nos possibilités de bivouac. La réponse est toujours que l’Iran
est un pays facile à visiter pour des camping-caristes. On fera
également un tour en ville après le repas. Dans le parc des jeunes gens
vont découper un gros gâteau pour fêter l’anniversaire de l’un d’eux et
nous invitent à le partager.


Samedi 25 avril : YAZD
Visite de la ville de Yazd aujourd’hui.
Nous allons d’abord aux tours du silence. Ce sont 2 tours cylindriques
dans lesquelles les zoroastriens déposaient leurs morts pour ne
souiller ni la terre, ni le feu, ni l’eau. Les corps étaient la proie
des rapaces et les restes d’os étaient jetés dans la cavité centrale.
Au pied de ces tours on trouve un complexe funéraire et un nouveau
cimetière zoroastrien. Le rite du décharnement est interdit en Iran
depuis les années 1960.



Sur le retour nous nous arrêtons dans une maison du henné. Les feuilles
sèches sont broyées par une roue qui tourne comme une noria. Le henné
est ensuite tamisé et mis en sachet pour la vente.

Après le repas nous faisons un tour dans le quartier zoroastrien avant
de visiter le temple du feu. La façade est décorée du symbole du
zoroastrisme : Farvahar, émanation d’Ahura Mazda. Le feu déposé ici
brûle depuis l’an 470.

Nous assistons à une séance d’entraînement à la maison de force ou
zurkhaneh. Les hommes s’échauffent un long moment puis manipulent des
massues en bois d’un poids respectable – spectacle plus touristique que
lors de notre visite en 2009. Tout près se trouve le tekkiyeh – longue
façade sur 3 niveaux et 2 minarets - qui sert de décor aux
commémorations annuelles de la mort de l’imam Hossein.

En fin de journée visite de la mosquée Jameh dont le portail est haut
de 57 m. La salle est couverte de belles faïences de l’époque mongole.
Balade dans le quartier de Fahadan ou quartier musulman : mausolée des
12 imams, prison d’Alexandre, tours du vent (qui servaient de
climatiseur), citernes d’eau désaffectées.

Après cette bonne journée avec Mazdak, nous rentrons à « la maison ».
Dimanche 26 avril : 200 km – 9 135 km /ARDAKAN
Nous quittons Yazd ce matin après la visite d’une tour des vents dans
le parc D owlat Abad. Elle fait partie d’un ensemble qui comporte entre
autres une école de garçons. On comprend bien le système de circulation
et de rafraîchissement d’air qui servait de climatisation.


Direction les villages zoroastriens : au passage nous voyons une
citerne avec ses tours du vent qui servaient ici à rafraîchir l’eau.

A Cham une tour du silence (décharnement des morts) et un village
funéraire qui, bien qu’en ruines, donnent une bonne idée du site.
A Meybod, le caravansérail, le relais de poste et la citerne ont été
rénovés et ont fière allure. Nous déjeunons dans le caravansérail,
salle tout en longueur et cour avec une fontaine au centre – l’eau
venait des qanats ou canalisations amenant l’eau du pied de la montagne
jusqu’à la ville. La glacière, grand bâtiment surmonté d’un dôme
permettait de garder la glace de l‘hiver jusqu’en été. Un pigeonnier
immense pouvait accueillir 4000 pensionnaires !
Une petite route nous amène à ChakChak qui est un lieu de pèlerinage
zoroastrien. Un grand rassemblement annuel réunit la communauté
iranienne, indienne et pakistanaise. Mazdak, Serge, Gérard, Bernard et
le gardien sont rigolos avec leur couvre-chef ! et les iraniennes
toujours souriantes !



Arrivés à Ardakan, Mazdak tente le bivouac au parc central … la police
intervient rapidement et nous escorte dans la cour de la mosquée où
nous serons parfaitement au calme … malgré de nombreux curieux.
Lundi 27 avril : 280 km – 9415 km / ISPAHAN
Très bonne nuit devant la mosquée. Ce matin nous avons de l’aide pour
faire le plein d’eau et un charmant iranien arrive avec un plateau pour
nous offrir le thé – belle leçon d’accueil !
Nous roulons jusqu’à Na’in où nous visitons la mosquée Jameh (mosquée
du Vendredi) – une des plus anciennes d’Iran. La brique est l’élément
principal de la construction – elle décore les murs, les arcades et le
minaret. Le mihrab est orné de reliefs en stuc et le minbar est en bois
très ouvragé. Une salle d’hiver souterraine est éclairée par les dalles
du plafond. On se balade dans les alentours mais de nombreuses maisons
sont en ruines.




De là nous allons à Mohammadiyeh tout proche pour voir un tisserand –
il tisse des toges en poils de chameau portées par les mollahs et aussi
des tapis. Beaucoup de citernes dans cette région avec souvent des
tours du vent.

Nous serons à Ispahan en fin d’après-midi. Il est difficile de trouver
un parking proche du centre-ville. Après négociations nous allons sur
le parking de l’hôtel Abbasi 5* - ancien caravansérail, c’est un
établissement magnifique avec un jardin aux arbres, plantes et fleurs
superbes et des bassins avec jets d’eau. Le parking est nettement plus
modeste mais proche de la place de l’imam Khomeiny.
Mardi 28 avril : ISPAHAN
La matinée est consacrée à la prolongation du visa. Nous allons au
service de l’immigration et au bout de 3 heures de démarches et
d’attente nous avons une rallonge de 30 jours.


Après-midi nous visitons le palais d’Ali Qapu, palais de Shah Abbas
1er, édifié en 1610. Il possède plusieurs niveaux dont le dernier est
occupé par la salle de musique. Ses voûtes en sont richement doublées
de panneaux de stuc aux formes de flacons, d’aiguières, … c’est une
salle surprenante par l’originalité de sa conception.
La mosquée de Sheikh Lotfollah était réservée à l’usage du shah et de
sa famille. Elle n’a ni cour ni minaret mais une superbe coupole
décorée de motifs très complexes de faïences émaillées.
La mosquée de l’imam est dédiée au 12ème imam ou imam caché. Le portail
à stalactites est lui aussi décoré de mosaïques de faïences – la cour à
4 iwans (ou porches) est caractéristique de l’art persan. Ce monument
est magnifique, ce qualificatif va être souvent employé à Ispahan !

Le palais Chehel Sotun ou palais des Quarante-Colonnes s’ouvre par une
terrasse portée par 20 piliers en façade et 20 piliers à l’arrière du
bâtiment, un bassin et un plafond en marquèterie et en miroirs. La
salle est décorée de fresques de style miniature et de grandes fresques
relatant les combats du roi.


En fin de journée nous allons vers le pont Si-O-Seh très fréquenté et
éclairé à la nuit tombée.
Nous savions que nous allions croiser la petite famille « un tour à
cinq » et c’est ici, à Ispahan que la rencontre a lieu. Nous avons peu
de temps pour parler de beaucoup de choses. Il est tard et ils partent
demain pour Yazd. Ils sont en pleine forme autant les grands que les 3
petits. Nous les suivrons avec encore plus d’intérêt sur leur route
vagabonde.

Mercredi 29 avril : ISPAHAN
La première visite est pour la mosquée du Vendredi – toujours très
importante pour les musulmans.
Cette mosquée plus sobre que la mosquée de l’Imam est une chef d’oeuvre
de l’architecture sacrée iranienne. Le premier bâtiment date de la fin
du 8ème siècle. Il a subi de nombreuses modifications et ajouts
jusqu’au 12ème siècle, date à laquelle l’ensemble a été reconstruit
suite à un incendie. Les différentes salles sont organisées autour
d’une magnifique cour à 4 iwans. Le mihrab de l’arcade ouest et le
pavillon Gonbad-E Khaki sont les merveilles de cette mosquée. Un guide
en parlera mieux que moi !



Un petit tour dans le quartier juif pour voir qu’il n’y a plus grand
’chose à voir, sauf des chantiers de rénovation et des ruines et nous
traversons le bazar jusqu’à la place de l’Imam.

Un taxi nous emmène à la cathédrale de Vank dans le quartier de Jolfa –
cathédrale édifiée par des arméniens qui ont fui le péril ottoman en
1606, déjà.
L’église de Bethléem est une réplique de la cathédrale. Nous y croisons
un groupe de jeunes iraniennes et il faut se prêter au jeu des photos,
chacune son tour …

Après un arrêt au Ccar nous trouvons un bon coffee-net et je peux
mettre le blog à jour.
Nous allons au pont Pol-e Khaju, différent du Si-o-Seh Pol et plus
imposant. L’eau s’échappe à gros bouillons de ses arches et les
iraniens viennent se rafraîchir près de l’eau. Il est illuminé le soir
et très photogénique.


On passe réserver un parking pour demain et peut-être plus. Finie la
vie de palace !
Jeudi 30 avril : ISPAHAN
Nous retournons vers le bazar ce matin. Nous allons dans le quartier
des artisans qui fabriquent les objets vendus dans les boutiques autour
de la place de l’Imam – c’est très intéressant de voir le dinandier ou
les jeunes femmes qui peignent les objets sur cuivre comme on a pu voir
hier le fabricant de sucres (aux multiples parfums) – ce ne sont que
quelques exemples de ce qui se fabrique à Ispahan.

La chaleur de l’après-midi nous fait choisir le salon de l’hôtel Abbasi
où nous avons bivouaqué – très bon moment à déguster une glace dans ce
magnifique caravansérail. Nous baladons dans la grande avenue qui
descend jusqu’au pont Si-o-Seh.


Grande discussion ce matin avec nos voisins Ccaristes espagnols – elle
parle assez bien français et elle est pleine d’humour !
Vendredi 1er mai : 276 km – 9 693 km / ABIANEH
Départ d’ispahan par le cimetière des martyrs appelé « jardin de roses
des martyrs » où sont inhumées et honorées les victimes de la guerre
Iran-Irak (100 000 morts à Ispahan). C’est très impressionnant et
touchant de voir toutes ces photos de garçons aussi jeunes.


Arrêt en cours de route pour voir un magnifique pigeonnier assez bien
conservé.

Route pour Ardestan pour voir la mosquée Jameh – une des toutes
premières conçues suivant un plan iranien. C’est l’anniversaire de
l’Imam Ali et des cérémonies ont lieu pendant 3 jours mais nous pouvons
quand même visiter la mosquée – des femmes nous offrent des pâtisseries
et des bonbons.

Petit crochet par Zavareh mais la mosquée est fermée. La température
monte à 38° et c’est étouffant ! Nous irons directement à Abianeh pour
tomber sur un flot de voitures et de personnes qui profitent du long
week-end pour visiter leur pays – pas de manifestation du 1er mai en
Iran ? Les habitants d’Abianeh ont gardé leur dialecte et leur costume
: les hommes portent un large pantalon noir et les femmes des tuniques
bariolées sur des jupes noires et un foulard fleuri. Ce changement de
décor et la fraîcheur de ce village à 2300 m. nous redonnent de
l’énergie.
Samedi 2 mai : 112 km – 9 805 km / KASHAN
Petit tour dans Abyaneh avec des rues plus calmes. Les mamies
reprennent leur place pour vendre des abricots secs (séchés ici sur les
toits des maisons) et diverses bricoles. Nous marchons sur le toit du
hammam – les cheminées ouvertes servent de poubelle.


Petit trajet jusqu’à Kashan, la ville des roses de Damas et de l’eau de
roses.

Le parking près des jardins de Fin est archiplein et les rues tout
autour interdites à la circulation. Nous allons jusqu’à l’hôtel
Negarestan où nous devons bivouaquer. Nous irons déjeuner dans leur
restaurant et resterons un bon moment à profiter de la clim.
Les jardins de Fin sont irrigués par une source et de nombreux canaux
le traversent. Les enfants s’amusent dans l’eau et des adultes font
tremper leurs pieds. C’est un lieu de détente en famille, comme souvent
en Iran, et c’est très agréable.



En arrivant à l’hôtel nous croisons une mariée qui s’engouffre dans
l’entrée et que je n’ai pas le temps de voir ! Dommage.
Ce soir il fait encore très chaud malgré un vent parfois violent.
Dimanche 3 mai : KASHAN
Kashan est une oasis qui a gardé ses quartiers anciens avec les
magnifiques demeures de riches marchands.
- Maison Ameri : transformée en hôtel – le manager nous accompagne sur
les toits

- Maison Borujerdi : élégantes sculptures en stuc

- Hammam Sultan Amir Ahmad : magnifique édifice qajar et balade sur les
toits
et une glacière au toit en pain de sucre

– Maison Tabataba’i : la plus imposante et la plus richement décorée –
Maison Abbassian : agencée sur 2 niveaux, elle comporte un resto
typique où nous dégusterons un dizi (plat iranien, servi dans un pot en
terre et dont on écrase les légumes avec un pilon en acier).

Après-midi dans le bazar qui possède de magnifiques sérails – celui
d’Amin od-Dowleh est coiffé d’une voûte à stalactites décorée d’émail
bleu. Pas beaucoup d’animation en cette fin d’après-midi.
Lundi 4 mai : 155 km – 9 960 km / QOM
Cette journée s’annonçait « normale » mais il faudrait beaucoup de
place pour tout écrire. Je vais essayer de faire un résumé !
Ce matin nous sommes allés tout d’abord à Nush Abâd, cité souterraine à
7 km de Kashan, qui fut utilisée comme refuge contre les attaques – 3
étages de pièces et de galeries reliées par des puits.

Le boulanger du coin nous fait garer devant son échoppe et nous offre 2
pains (galettes rondes et plates qui sont cuites dans un four comme le
tandori en Inde).
Bernard a fait remplir la bouteille de gaz. Il a fallu emporter la
bouteille pour adapter un système de remplissage et ensuite le plein a
duré une demi-heure environ. Trop sympa le commerçant ne voulait pas
être payé et nous a donné les adaptateurs. Mais tout travail mérite
salaire.
Arrivés à Qom il faisait très chaud (36°) et nous avons attendu pour
aller au mausolée de Fatima.
Et l’aventure commence. Tout d’abord on rentre chacun de son côté. Je
suis avec un foulard mais il faut le tchador et ces dames n’en ont pas.
Téléphone et l’une d’elles part avec moi à une autre porte d’entrée.
J’ai droit à mon foulard + le tchador que je dois tenir d’une main
serré sous mon cou et de l’autre main bien fermé autour de moi. Elle me
trouve « beautiful », elle ne manque pas d’humour. Est-ce que j’ai un
mari ? Où est-il ? Je réponds oui et à l’intérieur. Elle hésite et me
colle avec un groupe. Les françaises veulent bien de moi mais je
refuse, je préfère rester seule. Alors il me faut un guide. Dans un
bureau elle me trouve un charmant jeune iranien qui me fera faire la
visite au pas de course. Je suis autorisée à prendre des photos, oui
mais avec quelle main ? A un moment un gardien avec un plumeau vert
nous arrête : je ne suis pas assez bien empaquetée, quelques cheveux
dépassent. Il faut aussi que je décrive mon mari parce qu’ils vont le
chercher … aïe la condition de la femme en Iran … Je croise le groupe
de françaises qui demandent si j’ai trouvé mon conjoint. Je réponds non
mais que j’ai un jeune guide et que je n’ai pas perdu au change !
Retour à la sortie et je dois attendre … mon mari ? Des femmes rentrent
et la gardienne tend un mouchoir à l’une d’elles, c’est pour enlever
son maquillage !
On se retrouve enfin dehors avec Bernard. Pour lui pas de souci de
vêtement mais il est rentré dans toutes les salles et il a fait des
photos de femmes en prière. Il est entré également dans la chambre
funéraire de Fatima, entrée strictement interdite aux non musulmans.
L’homme au plumeau vert l’a emmené dans un bureau, il lui a passé
quelqu’un au téléphone qui lui a demandé en anglais où était sa femme !
Et enfin on lui a dit que je l’attendais à l’extérieur. Reformer les
couples semble être la priorité.
Pendant qu’on se raconte nos aventures on entend de la musique.
Un cortège prend forme au fond de la place. C’est l’anniversaire d’Ali,
le gendre du prophète Mahomet et le mari de Fatima.
Un immense drapeau blanc ornée de caractères rouges est déployé en
tête, suivi par des tambours, des drapeaux noirs portés par de jeunes
garçons, des trompettes, encore des tambours, des dromadaires couverts
d’ornements, un cercueil (représentant probablement celui d’Ali), des
hommes en noir qui se frappent la poitrine puis la tête, un homme sur
une camionnette qui harangue la foule, et les porteurs d’énormes
bannières en métal (voir photo car difficile à décrire). A un moment le
cortège s’arrête, les hommes s’accroupissent autour du cercueil,
l’orateur devient mélodramatique et de nombreuses personnes pleurent.
Le cortège s’engouffre enfin dans l’enceinte du mausolée.
Ouf ! Quelle journée !







Mardi 5 mai : 130 km – 10 090 km / TEHERAN
Nous quittons Qom, ville des mollahs de toutes les couleurs : blancs,
beiges, gris, marrons avec des turbans de toutes les couleurs aussi et
parfois un mollah en blanc avec une femme en noir !
Pour visiter Téhéran nous stationnons au mausolée de l’Imam Khomeiny –
une ligne de métro nous emmène au centre-ville.

Nous visitons le palais du Golestan qui fut la résidence des rois
qajars et dont la décoration tourne autour des fleurs et des paysages.
Un trône en marbre occupe une tribune d’or et d’argent dans laquelle le
shah recevait ses visiteurs. Le pavillon des miroirs, le musée de la
photographie, … rendent cette visite très agréable. Le vase bleu pris
en photo est un vase à larmes : quand le mari partait, la femme
pleurait dedans et le lui présentait (sans doute bien plein !) à son
retour.



Le musée des Joyaux de la Couronne renferme les trésors accumulés au
fil des dynasties : il déborde de diadèmes, de colliers, de bagues, de
bracelets, de vaisselle et de fourreaux d’épées sertis de pierres
précieuses, de diamants, de rubis, d’émeraudes, … qui sont aujourd’hui
la garantie monétaire de l’Iran.
Le musée archéologique est très intéressant mais une grande partie des
salles est fermée à la visite.
Le musée Abguineh est logé dans une ravissante demeure du 19ème siècle.
Il abrite une collection de verreries extraordinairement bien
présentée. C’est une expo moderne dans une demeure ancienne avec un
magnifique escalier en bois.

La pluie fait chuter la température et nous apprécions ce changement
après la grosse chaleur de Qom.
Mercredi 6 mai : TEHERAN
Nous visitons le mausolée de l’Imam Khomeiny avant de partir pour
Téhéran.
Les boutiques sont nombreuses et des travaux d’agrandissement en cours
poussent l’entrée sur un des côtés. La salle du mausolée est immense
mais ressemble plus à un hall de gare qu’à un lieu de recueillement …
pas de tchador pour moi à la porte, ni à l’entrée, alors quand, dans la
salle, une femme au plumeau jaune veut m’en imposer un, je résiste et
je refuse ! Elle n’insiste pas.


C’est ensuite un long trajet en métro (plus d’1 heure) du sud au nord
de Téhéran où nous allons au palais de Sa’d Abad.

Endroit très agréable, arboré et frais où les Pahlavis établissaient
leurs quartiers d’été. On visite le palais de la Nation – pas
grand-chose à voir à l’intérieur un peu rococo – mais à l’extérieur
subsiste une paire de bottes, symbole de la royauté déchue. Elle
chaussait avant la révolution une gigantesque statue du shah. Le
pavillon vert est plus intime et les pièces sont décorées de mosaïques
de miroir, de stucs et d’arabesques peintes. D’autres petites maisons
sont dispersées dans ce grand parc.

Nous retournons au centre-ville avec le métro – ce moyen de transport
nous plaît beaucoup : on voyage vite et pas cher (15 cts d’€ le ticket)
et on profite du contact avec la population.
Un tour dans le bazar. Ce quartier est celui des tissus et
l’effervescence est grande avec toutes ces carrioles tirées par des
ouvriers qui transportent des rouleaux de tissu ou d’énormes cartons.

La place et le boulevard Khomeiny donnent le tournis tant à cause de la
circulation démente que de la foule compacte.
Retour au métro pour aller à la tour Azadi qui est le symbole de
Téhéran. Elle a été construite en 1971 pour célébrer le 2500ème
anniversaire de la monarchie perse et rebaptisée ensuite « tour de la
Liberté ».

Et un dernier tour de métro pour rentrer à notre bivouac. On apprécie
sa tranquillité avec pour voisins des familles qui ont posé leur tente
dans le parc. Cette coutume iranienne vaut dans tout le pays : les
tentes sont posées entre les voitures, sur les bas-côtés de la route,
dans les cours des mosquées et bien sûr dans les parcs, de préférence
le jeudi soir ou le vendredi.
Jeudi 7 mai : 353 km – 10 443 km / aire avant DAMGHAM
Ce matin nous devons retourner à Téhéran pour faire du change.
Le taux est meilleur dans les boutiques de change que dans les banques
et nous ne savons pas s’il nous sera facile d’en trouver sur notre
route.
Pour info, il faut descendre à la station Ferdowsi – ligne jaune – et
là il n’y a que l’embarras du choix. Ma jeune voisine me montre un jeu
sur sa tablette et Bernard discute avec son voisin, alors nous loupons
notre station de métro – pas grave, hier le métro était tellement bondé
que nous avons laissé passer 3 rames avant de nous décider à monter
dedans. Les stations de métro sont bien décorées : peintures,
mosaïques, sculptures, … Un iranien qui a fait des études de
linguistique à Limoges et qui veut changer lui aussi fait un bout de
chemin avec nous.
Les iraniens engagent facilement la conversation, ils parlent très
souvent anglais et veulent nous aider dès qu’ils nous voient arrêtés ou
hésitants. Ce sont des gens extrêmement cordiaux et serviables.
Nous partons enfin de Téhéran. Nous allons encore traverser le désert
mais il n’a rien à voir avec celui que nous avons traversé pratiquement
de Shiraz à Téhéran. C’était un désert de poussière et de chaleur sans
paysage remarquable. C’est maintenant un désert bordé de montagnes aux
couleurs changeantes et l’air est pur. Nous passons un col à 2000 m. et
la température est supportable.
Le bivouac sera près d’une mosquée et de petites boutiques. Nous aurons
eau chaude et eau froide et c’est bien pour faire tourner la machine à
laver berbère : un seau marocain avec son couvercle.
Vendredi 8 mai : 475 km – 10 918 km / NEYSHABUR
Notre premier arrêt à Damgham ou Damqan est à la tour funéraire (Pir
Alamdar). Elle a un fût cylindrique coiffé d’une coupole – belle
inscription en écriture coufique. Le complexe voisin est fermé au
public.



Un iranien vient nous parler mais on ne comprend pas, alors il revient
avec le panneau en métal qu’il a décroché sur le mur à la porte de la
mosquée pour nous dire de venir la visiter. Bien joué !
A Bastam, le complexe de Bayazid est très vénéré. Ce mystique a vécu
reclus à cet emplacement jusqu’à sa mort. Une mosquée, un iwan et un
mausolée ainsi qu’une tour funéraire composent cet ensemble coiffé de
belles coupoles turquoise. Les femmes sont habillées de façon très
différente ici, des turkmènes ?


On continue la route tranquillement puis on décide d’aller dormir vers
un caravansérail. Renseignements pris il est ouvert toute l’année,
alors on y va. Manque de chance on ne le trouvera même pas et on aura
fait ce crochet pour rien ! Tant pis, le paysage est très différent
dans cette région : montagnes et larges espaces cultivés et très verts.
Depuis Téhéran nous sommes sur une des routes de la soie et les
caravansérails sont nombreux (du moins ce qu’il en reste). Il y en
avait un tous les 30 km, distance parcourue quotidiennement, en
moyenne, par une caravane.
Bivouac à Neyshabur dans un parc. Encore des visites de curieux … et un
couple qui nous donne son adresse et son numéro de téléphone au cas où
on aurait besoin de quelque chose. Des pique-niqueurs s’installent pile
derrière le Ccar et quelques tentes sont posées sur les pelouses, mais
juste pour le repas du soir.
Samedi 9 mai : 172 km – 11 090 km / MASHHAD
Excellente nuit dans ce parc. Ce matin le gardien arrose la pelouse et
nous remplit le réservoir. C’est cool !
Sauf qu’il y a beaucoup de pression et qu’il se fait copieusement
arroser quand il retire le tuyau du réservoir. Petits cadeaux pour se
faire pardonner. Il revient changé de la tête aux pieds.
Visite du mausolée d’Attar : une école de filles est déjà là et c’est
un plaisir de photographier ces petites miss habillées de rose. Attar
était le maître de la poésie mystique. A côté repose le peintre qajar
Kamal ol-Molk.




Tout près se trouve le mausolée d’Omar Khayyam, mathématicien,
astronome mais également poète.
Au caravansérail de nombreux artisans tiennent une petite boutique.
Chez un ébéniste, nous achetons une massue utilisée dans les maisons de
force de Yazd, avec l’inscription « Ali » gravée dans le bois.
Balade en ville pour faire les courses habituelles : oeufs, tomates,
melon, pain, … puis le plein de gasoil pour près de 8 euros !
A Mashhad nous bivouaquons près de l’aéroport. Nous y arrivons en début
d’après-midi aussi nous n’irons visiter que demain. Alors : petite
lessive, rangement, sieste et lecture …

Dimanche 10 mai : MASHHAD
Le gardien du parc appelle un taxi qui va nous déposer devant le
mausolée de l’Imam Reza, le 8ème des 12 imams que compte l’islam
chi’ite. Les parties les plus sacrées sont réservées aux musulmans et
nous visiterons les autres parties de cet ensemble tentaculaire. Tout
d’abord il faut attendre notre guide. Elle m’emballe dans un tchador
bien fermé et fait un gros noeud sous mon menton. Elle me tend aussi
une paire de chaussettes, les pieds nus c’est pas bien. Elle va passer
près de 3 heures à nous faire visiter les cours du mausolée, le musée
des tapis, le musée du coran, le musée des cadeaux. Dans l’avant
dernière cour visitée des familles portant le cercueil de leur défunt
sont en prière – un passage par ce lieu saint est bon pour l’au-delà.
Dans la dernière cour la prière a commencé, les gardiens au plumeau
font serrer les rangs sur les tapis amenés dans des remorques. Nous
avons vu de beaux musées, de beaux bâtiments mais n’avons pas perçu la
dimension sacrée de ce lieu puisque nous n’avons jamais pu nous
approcher du tombeau de l’imam Reza. Nous étions très bien encadrés par
une charmante jeune femme.





Après le repas de midi nous nous baladons dans les rues et le bazar.
Beaucoup de marchands de safran (spécialité de Mashhad), de sucreries
aussi. L’animation est tout autour du mausolée. Plus loin la ville vit
au ralenti.
La pluie nous ramène à notre bivouac.
Lundi 11 mai : 339 km – 11 429 km / ASHKHANEH
Arrêt en cours de route au mausolée de Ferdowsi, poète et auteur du «
Livre des Rois ». Monument moderne mais là encore beaucoup d’enfants et
d’étudiantes.



La route suit le Turkménistan à environ 50 km à vol d’oiseau. Le
paysage change, les collines sont couvertes de cultures verdoyantes et
ensuite de vignes. A un moment, des commerces de fruits secs se suivent
au bord de la route. Il y a des quantités de récipients énormes remplis
de noix, d’amandes, de raisins secs, … mais aussi de toute sorte
d’épices.
De grands troupeaux de moutons squattent le long de la route. Les
maisons sont misérables, en pisé ou en briques alors que la nature a
l’air d’être si généreuse.
Nous passerons la nuit dans un camping. Et oui ! Un camping en Iran.
Assez normal pour une population qui campe beaucoup. Merci Serge qui
nous avait envoyé le point GPS. La photo vous dira la beauté du cadre.

Mardi 12 mai : 331 km – 11 760 km / BANDAR-E TORKAMAN
Excellente nuit dans cet environnement d’arbustes et de rosiers, malgré
la proximité de la route.
La campagne est toujours très cultivée et très verte, beaucoup de
céréales. Près des postes de police des voitures complétement défoncées
sont exposées. Cet appel à la prudence est-il bien dissuasif quand on
voit la façon de conduire des iraniens ?
Tout à coup une surprise : 2 laies et un petit groupe de marcassins
sont au bord de la route. Les automobilistes leur donnent à manger.

Détour par Gonbad-e Kavus pour voir la tour funéraire en brique de
terre cuite d’un souverain qui n’a laissé que cela comme trace de son
règne. Elle est imposante avec ses 52 m. de hauteur mais manque
d’élégance.

C’est la saison des fraises vendues au bord de la route. Elles sont
cultivées dans les vergers entre les arbres.
La température monte jusqu’à 30° puis redescend à 20° quand nous
atteignons le bord de mer !
Le port de Bandar-e Torkaman garde l’embouchure de la plus vaste lagune
de la Caspienne. Mais nous sommes très déçus en arrivant, le temps est
gris, le parking ressemble à un chantier, une galerie de boutiques sans
intérêt occupe des mètres carrés, c’est déprimant ! On voulait passer
la journée de demain ici …
Mercredi 13 mai : 266 km – 12 026 km / NUR
Nous reprenons la route et traversons une région toujours très verte
avec maintenant des rizières.
Arrêt à Beshahr où il subsiste trois jardins du complexe Baq-e Shahr
que fit construire Shah Abbas 1er.
Il pleuviote et nous ne trouvons pas beaucoup de charme à ce lieu.

Nous voyons enfin la mer mais elle est souvent cachée par des
immeubles. La construction est en plein essor sur cette côte très
prisée des habitants de Téhéran. Un hôtelier sympa nous permet de nous
brancher chez lui pour mettre ce blog à jour mais ce sera sans les
photos qui sont trop longues à charger.
Nous passerons la nuit sur la plage de Nur. Pas de baigneurs et encore
moins de baigneuses, il ne fait pas très chaud. Mais il y a beaucoup de
monde sur ce morceau de boulevard de bord de mer et des petites
échoppes de brochettes et autres.
Jeudi 14 mai : 292 km – 12 318 km / BANDAR-E ANZALI
Plus personne hier soir après minuit. La nuit a été très calme.
Tout petit tour sur la plage ce matin, l’eau est fraîche !
Et puis c’est la route qui longe la mer Caspienne sans jamais la voir …
avec des bouchons en pagaille, notre vitesse moyenne est de 43 km/h …
rien de bien passionnant. On pourrait être n’importe où ailleurs qu’en
Iran. Quelques rizières aujourd’hui encore.
On trouve à l’entrée d’Anzali un panneau « camping », on prend la route
et on arrive vraiment dans un camping : des tentes posées sur l’herbe
ou des plateformes en béton et beaucoup d’iraniens. C’est le début du
week-end. On est bien après cette journée sans intérêt.
J’ai oublié de dire que les orangers à profusion ici embaument l’air et
nous apprécions.
Du coup le Ccar a eu la vedette !

Vendredi 15 mai : 235 km – 12 553 km / RUDBAR
Allées et venues de voitures cette nuit et ce matin, surprise ! Nous
sommes cernés de tentes. C’est amusant de voir cette marée multicolore.
Mais dès ce matin les iraniens plient leur tente. Ils vont peut-être à
Masuleh … Nous y arrivons en fin de matinée et c’est bondé. Il y a une
file de voitures ininterrompue quelques kilomètres avant d’arriver au
péage d’entrée de village.
On a de la pluie, du soleil, de la grêle, du soleil puis le brouillard
monte de la vallée. Alors on décide de visiter le village avant le
mauvais temps. C’est un village en terrasse, étagé à flanc de montagne.
Les rues sont sur le toit des maisons. Beaucoup de boutiques
d’artisanat local … ou chinois, mais une petite boutique de céramique
de qualité qui mérite d’être signalée.




Nous sommes à 900 m. et le temps se rafraichit aussi nous décidons de
poursuivre notre route.
Notre étape sera à Rudbar, sur la route de Téhéran d’où nous
rejoindrons Soltanyeh.
Nous sommes dans un parc qui est aussi un camping.
Samedi 16 mai : 467 km – 13 020 km / ARDABIL
Cette nuit de nombreux iraniens ont posé leur tente sous les kiosques
prévus à cet effet et ce matin il y en a aussi sur la pelouse. Nous
sommes encore surpris de cette façon très conviviale de voyager.
La route pour Soltanyeh suit tout d’abord un lac de barrage. C’est
calme et magnifique.
Puis la route s’élève jusqu’à 2300 m. Des mamelons de tous les dégradés
d’ocre forment les montagnes que nous traversons.

La région est le pays de l’olivier ce qui explique les boutiques vues
hier tout le long de la route.
Avant d’arriver à Soltanyeh on voit le dôme de la mosquée funéraire
d’Oljaïtu Khodabendeh. Ce prince l’avait fait construire pour recevoir
les dépouilles des imams Ali et Hossein qu’il n’a pas pu obtenir. Il
décida alors de garder ce sanctuaire pour sa propre dépouille, mais
finalement en fit construire un plus modeste.
Ce monument imposant avec ses 8 minarets et sa coupole (24,5 m. de
diamètre) culminant à près de 50 m. préfigure l’architecture du Taj
Mahal. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il possède 3
étages de galeries magnifiquement décorées mais qui vont nécessiter de
gros travaux de rénovation.


Arrêt à Zanjan pour voir le lavoir transformé en musée, en excellent
état et immense.

Nous voulons nous arrêter avant d’arriver au croisement pour Khalkhal,
direction de demain pour redescendre sur la mer. Malheureusement la
route ne traverse pas un seul village et nous devons aller jusqu’à
Ardebil pour passer la nuit. Mais les paysages de montagne sont
magnifiques.
Des sentinelles à poils et mesurant 30 cm environ montent la garde le
long des routes !
Nous arrivons tard, la ville est très grande et nous trouvons une
petite rue qui va au cimetière pour bivouaquer. Journée un peu longue.
Dimanche 17 mai : 225 km – 13 245 km / TABRIZ
Visite de la police au saut du lit. Nous sommes garés contre le poste
de police, bien gardés cette nuit !
Visite des mausolées de Sheikh Safi et de Shah Ismail 1er à Ardebil. A
l’origine il s’agissait d’un couvent de derviches. Aux mausolées sont
accolées trois tours funéraires. Les salles sont très richement
décorées. Dans une salle d’apparat couverte de niches en stuc doré
était entreposée la collection de porcelaines chinoises de Shah Abbas
1er (1 162 pièces).



Puis c’est la route pour Tabriz. Nous revoilà à notre ville de départ.
Nous sommes « chez nous » dans ce parc. Nous avons du temps pour
souffler et faire les petites corvées habituelles.
Un couple de jeunes néo-zélandais vient passer un moment avec nous. Ils
ont atterri à Athènes et depuis voyagent à vélo, en ferry, en bus ou en
taxi. Ils envisagent de traverser le Turkménistan, l’Ouzbékistan, etc …
Lundi 18 mai : TABRIZ
Journée cool !
Ce matin nous faisons un grand tour dans le bazar. Il est très ancien
et a été décrit, entre autres, par Marco Polo. A midi nous optons pour
la spécialité iranienne, le « dizi ». On vide d’abord le bouillon dans
un bol puis ensuite les légumes que l’on écrase avec le pilon.




Nous passons une partie de l’après-midi au parc Elgoli. Au milieu d’un
lac artificiel un pavillon de style safavide a été construit en 1970.
C’est un bel espace de promenade.

Hier, un message de Gérard nous apprenait que leur passage d’Iran en
Turquie s’était bien passé.
Aujourd’hui nous avons un message de Serge qui nous décrit pas à pas la
sortie d’Iran et l’entrée en Turquie.
Thérèse a dû abandonner le foulard sans regret.
Ont-ils bu l’apéro le soir ? après toutes ces journées à l’eau fraîche …
Mardi 19 mai : 300 km – 13 545 km / QARAH KELISA
Dernière étape avant notre passage en Turquie.
Direction le nord de l’Iran. Nous arrivons vers la frontière de
l’Azerbaïdjan, à Jolfa.
Contrôle de l’armée : 5 militaires examinent nos passeports et nous
posent de nombreuses questions sur notre séjour, notre circuit. Chaque
fois que j’ai parlé de contrôle de passeport il s’agissait de celui de
Bernard, aujourd’hui ils veulent voir le mien ! Ils s’excusent beaucoup
et nous pouvons y aller. La route est très belle dans les montagnes
mais le long d’un grillage qui marque la frontière.
Le monastère arménien de Saint Stephanos a été fondé au 10ème siècle
mais souvent reconstruit ensuite.


Nous rencontrons un couple de toulousains et nous sympathisons très
vite. Ils sont en route vers la Chine. Nous leur donnons de nombreuses
informations et partons avec leur adhésion à CCRSM.
Pas de prosélytisme, mais le plaisir d’accueillir parmi nous des «
oiseaux rares ayant les mêmes plumes ».
Une longue route nous conduit au monastère de Saint Thaddée. Il a été
fondé au 5ème siècle. Une église en pierre sombre a été construite
d’abord puis une autre en pierre banche-jaune a été construite à côté.
Les murs extérieurs sont admirablement sculptés. On retrouve le style
des églises d’Arménie et de celle du lac de Van en Turquie.


On passera la nuit sur place, à 1860 m. d’altitude, au frais.
Mercredi 20 mai : 293 km – 13 838 km / lac de VAN
Excellente nuit au bout du monde – la route se termine là – pas un
bruit et le monastère éclairé pour nous seuls !
A côté du monastère un petit village semble lui aussi au bout du monde.
Il y a des tas de bouses qui sèchent et petits et grands gardent les
moutons. Ces deux univers semblent bien séparés et pourtant à quelques
mètres seulement.


La route est très belle jusqu’à Khoy, des pâturages à perte de vue et
une grande sérénité.
Le passage de la frontière se fait en 1 h.30 sans grande difficulté et
avec beaucoup de courtoisie tant du côté iranien que du côté turc.
Serge nous avait parlé de la redevance gasoil qui tend à rétablir un
peu d’équilibre entre le prix iranien et le prix turc. On a réussi à
négocier 50 litres et le fonctionnaire a partagé : 30 l. pour monsieur
et 20 l. pour madame … pourquoi ? Je ne sais pas, mais madame n’a pas
payé la taxe …
Belle route jusqu’à Van. De ce côté aussi les troupeaux de moutons sont
impressionnants par leur nombre et leur taille.


Nous stationnons pour la nuit au super resto Sütçu au bord du lac.
Nos amis et compagnons de route, Serge Thérèse et Gérard, sont en
avance sur nous et nous envoient leurs bons plans de bivouacs.
Malheureusement nous allons prendre la route au sud de la Turquie alors
qu’ils rentrent par le nord !
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