FRANCE - TURQUIE du 16 au 31 mars
Lundi
16 mars : 427 km / RIEZ
Départ de la maison vers 10 heures. Il y a toujours un oubli et il vaut
mieux faire plusieurs tours avant
de partir. Nous partons vers le sud, d’abord Le Puy - beaucoup de neige
sur le plateau ardéchois, vers
Peyrebeille - puis Aubenas, Montélimar, Orange, Carpentras, Apt et
notre premier bivouac est à Riez,
petit village au pays des lavandes.
Bon, ce soir il pleut et nous sommes les seuls campings-caristes …
Mardi
17 mars : 274 km – 701 km / CERVO
Très bonne nuit.
Ce matin c’est un balai de voitures, les mamans emmènent les petits à
l’école !
Temps moyen pour notre passage par les gorges du Verdon, ce qui
explique sans doute que nous sommes
un peu déçus. Plusieurs cols à plus de 1000 m. et pas mal de neige sur
les hauteurs.
Nous redescendons sur Grasse puis Nice et le temps est plus doux.
Cette concentration urbaine n’est pas notre tasse de thé, notre vie de
village nous convient beaucoup
mieux. On roule mal, on ne peut pas se garer, la proximité de la mer et
le climat ne suffisent pas à nous
séduire.
Et nous voilà en Italie, déjà de belles boutiques de glaces, mon péché
mignon, mais ce sera pour plus tard!
On trouve un bivouac à Cervo, pas mal.
Mercredi
18 mars : 286km – 987 km / CAMAÏORE
Nous suivons la côte italienne.
Très beaux paysages et belle lumière ce matin. Malheureusement le
soleil est face à nous et ce n’est
pas bon pour les photos, alors il n’y en aura pas !
A l’arrêt de midi un voyant s’allume sur le tableau de bord. Nous
cherchons un garage Fiat à La Spezia
et le diagnostic serait amusant s’il n’était pas énervant : nous avons
la panne détectée à Limoges mais
non réparée faute de pièce, puis non détectée à Clermont-Fd sauf après
la période de garantie et bien
sûr plus sous garantie et la revoilou, la revoilà. Il ne reste plus
qu’à espérer que l’intervention italienne
soit efficace.
Notre route pour aujourd’hui s’arrête là, nous sommes bien, près de la
mer.
Jeudi
19 mars : 355km – 1 342km / RIMINI
Nuit très calme. Nous ne prenons pas l’autoroute, nous préférons
toujours les nationales.
La route sera longue mais nous apercevrons le sommet de la tour de Pise
au loin. Passage près de
Florence, la Toscane avec les champs d’oliviers, les cyprès, les
campaniles et la douceur des paysages.
Puis nous prenons l’autoroute pour ne pas arriver trop tard au bord de
l’Adriatique. A midi à notre arrêt
repas, un car d’allemands se gare à côté de nous, ils ouvrent les
coffres latéraux et en sortent leur
repas : soupe, saucisses, bières et un café pour finir. Belle
organisation !
Nous trouvons un bon bivouac à Rimini, sur un parking près de la
vieille ville. Petite balade dans ce centre
qui est très animé avec des musiciens de rue et quelques petits
spectacles.
C’est mon anniversaire, alors je m’offre une délicieuse glace et pour
ce soir pizza et fraises. Quel repas
de gala !
Vendredi
20 mars : 123 km – 1 465 km / ANCONE ferry
Courte distance jusqu’à Ancône. La route est bordée de champs d’arbres
fruitiers et de vignes. Arrivés
au port nous allons directement au bureau de Minoan Lines et avons la
chance de partir aujourd’hui
même. Nous serons coincés entre d’énormes bahuts, les touristes sont
rares en cette saison. Nous avons
droit à une cabine et à une réduction sur les repas parce que nous
sommes « camping». Le départ, au
moment où le bateau se détache du quai est toujours agréable, on largue
les amarres vraiment ! A bord
il y a de nombreux étudiants anglais et espagnols qui apprécient le vin
rouge ou blanc et la vodka.
Samedi
21 mars : 323 km – 1 788 km / MAKRIGIALOS
Nuit tranquille dans notre petite cabine.
Nous arrivons à Igoumenitsa et le ballet des camions recommence pour la
sortie du ferry – les maîtres
de ballet sont des pros et règlent les mouvements avec maestria.
Nous prenons l’autoroute. Ici les champs sont inondés, il a dû tomber
beaucoup d’eau – du côté italien ce
sont les arbres qui ont été arrachés par la tempête. Nous sortons vers
un village et avons un bon
emplacement de midi au terrain de sports. Une voiture de police passe
au ralenti près de nous et un
moment après ce sont 2 motards de la police qui s’arrêtent pour savoir
si nous avons un problème. Nous
continuons en direction de Thessalonique. Les pêchers en fleurs au bord
de la route forment une marée
rose trouée de pommiers (?) blancs. Et toujours les petites chapelles
au nord de la route.
Nous nous arrêtons dans un village au bord de la mer pour le bivouac –
village endormi à part quelques
retours de barques de pêcheurs.
Petite info : grâce à Monsieur Free, j’ai eu un Pass Destination Italie
de 35 jours d’appels, SMS, MMS
illimités et internet gratuits - la même chose en Grèce !
Dimanche
22 mars : 370 km – 2 158 km / ALESSANDROPOULY
Le village s’est réveillé le soir ou plutôt le bistrot-boîte qui était
à 100 m. environ de notre Ccar. Quelle
nuit ! les voitures, les motos, les gens qui discutent dans la rue, …
On se dit toujours qu’il faut se méfier
du samedi soir et on s’est fait piéger, mais ce matin nous n’avons eu
que le bruit des vagues.
Une autre journée-étape avec une belle autoroute où on s’arrête de
temps en temps pour payer quelques
euros de péage. Nous sommes surpris de voir des champs de coton où il
reste de maigres houppettes
accrochées aux branches.
Camping municipal d’Alexandroúpolis où nous avons fait étape il y a 2
ans en route pour l’Arménie.
Lundi
23 mars : 327 km – 2 485 km / ISTANBUL
Journée pluvieuse, la première depuis notre départ. Nous arrivons vite
à la frontière turque et les
formalités sont rapidement expédiées, un vrai plaisir. Le policier grec
pense que l’Iran est un pays
dangereux et en feuilletant nos visas il trouve que nous avons en avons
visité bien d’autres. Tout est
relatif !
La traversée d’Istanbul est assez facile jusqu’au moment où nous
manquons une voie à droite et c’est la
galère. Impossible de faire demi-tour. On s’éloigne du centre et il
faut modifier notre itinéraire. On
revient par le pont Galata, on tourne un peu en rond dans Sultanahmet,
on est bloqué dans les
embouteillages et enfin on arrive. Extraordinaire ! le parking derrière
la mosquée Bleue, avec une vue
de premier plan sur cette mosquée. Toujours le bonheur d’être à
Istanbul, même s’il ne fait pas chaud,
mais on verra demain.
Mardi
24 mars : ISTANBUL
Nous changeons de parking pour aller encore plus près de la Mosquée
Bleue. Nous rencontrons des isérois
qui voyagent avec un énorme 4 X 4. Ils sont en contact eux aussi avec
la petite famille « un tour à cinq
» et sont partis pour 5 ans environ avec leurs 2 enfants. Rencontre
très sympathique – nous les suivrons
eux aussi sur leur blog.
Nous montons à pied jusqu’à la place Taksim où il y a toujours des
fleuristes – je prends la même personne
en photo qu’il y a 2 ans. C’est incroyable, elle n’a pas changé ! Dans
une petite rue adjacente des camions
de l’armée stationnent et cette rue est fermée par un policier
super-armé et qui a le doigt sur la
gachette. On ne va pas aller lui demander l’heure de la prochaine manif
! De nombreux musiciens jouent
sur des instruments traditionnels ou chantent sur le grand boulevard de
cette ville haute. Nous
descendons ensuite vers la tour Galata puis repassons le pont du même
nom et allons nous perdre dans
le grand souk. Le soleil s’est bien montré aujourd’hui mais en fin de
journée il souffle un petit vent froid
et nous sommes heureux de rentrer « à la maison ».
Peu après Thérèse et Gérard Freneix arrivent et ce n’est qu’un grand
moment plus tard que nous voyons
arriver Christiane et Serge Herviou – 2 équipages de CCRSM (Camping Car
sur les Routes de la Soie et
du Monde). Ces derniers ont manqué un passage pour nous rejoindre et
l’étroitesse des petites rues
conjuguée à une circulation très dense les ont bloqués.
Nous prenons ensemble le verre de l’amitié et nous donnons les
dernières nouvelles en attendant de
fixer nos prochains rendez-vous sur la route de l’Iran.
Mercredi
25 mars : ISTANBUL
Nous commençons les visites par Sainte-Sophie à l’architecture
bysantine du VI° siècle, qui est
maintenant un musée. Une moitié de la grande salle est occupée par un
échafaudage et c’est bien
dommage. Malgré une nette dégradation elle demeure un site exceptionnel.
De
là nous allons à la citerne-basilique. Elle est superbe, soutenue par
336 colonnes et dont l’eau est
habitée par des carpes. Toujours les 2 têtes des Méduses, une couchée
sur le côté et l’autre la tête
en bas.
Bon
petit resto de spécialités et nous allons à la mosquée du sultan Ahmet
ou mosquée Bleue. On ne peut
plus circuler librement dans la grande salle et les couleurs nous
paraissent bien ternes. Nous sommes un
peu déçus.
Nous
finissons les visites par le palais de Topkapi. Il y a là aussi des
travaux en cours, mais la
restauration des cuisines est terminée et dommage, les grosses marmites
ne sont plus dans leur cadre
d’origine et tout est agencé en expo dans des vitrines … même le palais
et le harem vont nous décevoir,
travaux en cours partout.
Pour nous remonter le moral, apéro chez Christiane et Serge. Nous nous
séparerons demain.
Jeudi
26 mars : 320 km – 2 805 km / YENICAGA
Très beau soleil ce matin et le temps s’est bien réchauffé. Nous
quittons nos amis et prenons la route.
Traversée
d’Istanbul assez facile et arrivée en Asie. Notre pass HGS de 2013 est
encore valable ! La
capitale et son agglomération n’en finissent plus. Nous aimerions
sortir de l’autoroute mais c’est difficile.
Le thermomètre monte jusqu’à 23° et c’est très agréable.
Arrêt pour acheter des fruits au bord de la route – marchand très
sympathique qui nous donne des
poires en cadeau. Quelques courses dans une boutique et le commerçant
nous offre des chocolats ! Le
bivouac prévu est au bord d’un lac. Nous nous étions arrêtés là en 2011
et avions fêté l’anniversaire
d’Annette, qui lit mon blog et s’en souviendra. Nous sommes seuls, je
trouve que c’est loin de la ville et
désert et nous retournons nous garer dans une station-service.
Vendredi
27 mars : YENICAGA
Journée tranquille ! notre première occupation est de chercher un point
WIFI gratuit, bredouilles !
Nous allons nous installer près du lac et y passerons la journée :
lessive, qui va bien sécher avec le grand
vent – ménage à fond, qui ne prend pas beaucoup de temps – puis lecture
et rien ... Une photo pour
Annette et Guy avec un objet sorti de la malle aux souvenirs.
Samedi
28 mars : 397 km – 3 202 km / YOZGAT
Pluie cette nuit et ce matin il tombe encore quelques gouttes. Le
groupe se sépare ce matin et le
rendezvous est donné au lac de Van avant de passer la frontière
iranienne.
Toujours du mauvais temps et de la pluie. Nous passons un col à plus de
1450 m. et la neige n’est pas loin.
Contournement d’Ankara et repas de midi au resto où nous avons une
bonne connexion wifi qui me permet
de mettre le blog à jour et de lire nos messages. Quelques villages sur
notre route. Ils sont tristes et
certaines maisons sont en piteux état. Les restos et stations-service
sont en ruines – l’autoroute en est
peut-être la cause …
Arrivé
à Yozgut, petite ville dans la montagne à 1370 m et tout près de la
neige. Bivouac à l’ « otopark »
sous le resto panoramique.
Dimanche
29 mars : 408 km – 3 610 km / REFAHIYE
Nuit à peu près calme derrière la gare routière et avec un type bizarre
qui casse tout ce qui lui tombe
sous la main et le balance, mais il ne vient pas vers nous. La campagne
est inondée et les arbres ont les
pieds dans l’eau. La route monte doucement pour arriver à 2200 m et là
il y a beaucoup de neige. Nous
redescendrons ensuite et notre bivouac sera vers 1600 m mais encore 14°
à 18 heures – les turcs sont
passés à l’heure d’été eux aussi et nous gardons notre décalage d’une
heure.
Lundi
30 mars : 390 km – 4 000 km / HORASAN
Bernard se lève et surprise, il tombe de gros flocons de neige.
Aussitôt nous décidons de partir sans
plus attendre. Nous croisons des chasse-neiges mais la route est noire
et nous roulons bien. Arrêt petit
déjeuner et toilette plus bas. Le paysage est magnifique couvert de
neige. Nous allons passer encore
des cols à plus de 2000 m. mais pas de souci. Lors de nos précédents
voyages nous avions été surpris de
voir beaucoup de routes en réfection ou en construction et cette année
nous profitons de ces
réalisations. Depuis Istanbul la route est à 2 x 2 voies et ce n’est
pas l’autoroute. Les corbeaux sont en
pleine nidification et les branches des peupliers sont envahies de ces
oiseaux bruyants.
Dans
la campagne, les habitants récoltent les bouses (comme dans de nombreux
autres pays) pour s’en
servir de combustible – nous traversons une région pauvre et très peu
peuplée.
Mardi
31 mars : 417 km – 4 417 km / VAN
Encore une journée étape mais nous faisons un arrêt de Dogubayazit pour
visiter le palais d’Ishak Pasha.
Il était fermé en 2013 et nous voulions tenter à nouveau notre chance.
Super, il est ouvert. Il est
protégé par un toit en verre en forme de bulle et a été restauré. Les
pièces remarquables sont la salle
de réception, la cuisine et la mosquée. Les chambres du harem sont
elles aussi en très bon état. Sur les
murs il y a les mêmes sculptures que sur ceux de l’église d’Akdamar, un
peu plus loin sur un ilot du lac de
Van. Très belle visite.
En
descendant nous croisons un couple franco-turc. Ils sont à vélo et sont
partis pour quelques années,
pour peut-être s’installer en Turquie plus tard. La jeune femme est
turque et peut rester 4 mois en Iran
sans besoin d’un visa – cette mesure est réciproque et nous croisons
beaucoup d’iraniens qui profitent
de Nowruz (le nouvel an iranien) pour voyager. Nous recroiserons
peut-être nos cyclistes en Iran. La
route monte jusqu’à un col à 2600 m. et dès que nous l’avons franchi
c’est l’émerveillement : la neige nous
offre des vues à couper le souffle.
Descente jusqu’à Van où nous passerons la nuit au bord du lac avant de
franchir la frontière iranienne.